G. Desnoiresterres, Voltaire au château de Cirey, p
Ces lamentations sont indignes d’un prince qui, du moment qu'il a payé, devrait rougir de s’en plaindre.
Voltaire, en habile courtisan, sut effacer la mauvaise impression qu'avaient faite ses exigences en envoyant le 9 juin 1760, ces vers, à Frédéric II :
L'or par Jupiter envoyé
N'est pas l'objet de son envie :
Elle (1) aime d’un cœur dévoué Son Jupiter, et non sa pluie.
Mais c’est en vain que l’on médit De ces gouttes très salutaires :
Au siècle de fer où l’on vit,
Les gouttes d’or sont nécessaires. »
En partant pour la Prusse, Voltaire laissait sa maison à madame Denis et il lui payait en outre une pension de cent louis ? par mois pour les frais du ménage et ses dépenses personnelles. Cette pension devint vite insuffisante pour madame Denis, qui aimait à bien vivre, et alors Voltaire donna à M. Delaleu, son notaire, l'ordre de lui payer trente mille livres par an 3. Voltaire laissait aussi à Paris, Longchamp, qui fut chargé d'y terminer différentes affaires de son maître et d'observer ce qui se passait à Paris pendant l'absence de Voltaire et d'en rendre compte à celui-ci.
Voltaire fut reçu d'une manière magnifique par le roi de
1, L'âme de Voltaire.
-z Longchamp et Wagnière, tome II, p. 297. Dans sa lettre à Dorget, du 18 janvier 1751, Voltaire dit quatre cents écus par mois.