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Le mot taxables à. m'a pas de sens dans une quittance

2. M. G. Desnoïresterres prétend que le procès fut entamé le 10 décembre 1750, les diamants prisés le 17 décembre; l'acte de vente signé le 19. I1 nous semble que le procès a dû être entamé

après le 19 décembre 1750, ou les diamants prisés avant le 10.

baron de Cocceji, alors grand chancelier; le président Jariges, et le censeiller intime, Leuper 1.

Voltaire avait pris la précaution de demander l'appui de ses amis, surtout de Formey, ami personnel de Jariges, et les lettres du poète prouvent qu’il n'eut qu'à se louer de l'attitude de ses juges.

Le jugement fut publié le 18 février 1751. Il condamnait Hirschell à restituer les lettres de change. L'affaire des effets saxons ne fut pas soulevée judiciairement, malgré la dénonciation du juif, elle n’importait pas au procès. Voltaire demandait le remboursement du prix des bijoux qu’il voulait rendre, ce qui lui fut accordé à condition qu'il affirmerait par serment qu’il n'avait rien changé dans la quittance du 19 décembre 1750.

Hirschell nia le document relatif à la vente de bijoux, mais il fut forcé d'en recohnaître l'authenticité et condamné par les juges à une amende de dix thalers. Il demanda à prêter serment sur les points contestés, mais il avait été déclaré par la sentence personnellement indigne de prêter serment 1.

Hirschell avait déclaré aussi que les bijoux avaient été substitués, mais il n'en fournit pas la preuve et nous savons seulement par la lettre de Voltaire à Darget, du 18 janvier 1751, que Voltaire avait perdu un de ces diamants d’une valeur de trois cents écus.

Les deux parties payèrent chacune la moitié des frais et Voltaire se déclara prêt à jurer, mais préféra s'arranger à

1. Lettre de Voltaire à Darget, 1751, éd. Moland, tome XXXVII, p. 949

l’amiable et proposa à Hirschell de lui acheter pour deux mille livres les diamants qui lui avaient été vendus trois. Le juif refusa, voyant que Voltaire voulait un arrangement. C’est en ces termes que Voltaire mande la chose à Darget : « j'ai eu la vanité de proposer au juif, au plus « scélérat de tous les hommes, de reprendre pour deux « mille écus ce qu'il m'a donné pour trois mille, et j'irai « encore plus loin 1 ». Peu de temps après il écrivait au même : « Mon cher ami, j'ai tout terminé, dans la crainte « que la prisée des diamants et un rappel ridicule que le « Juif voulait faire ne me retint encore quinze jours, et ne « m'empêchât d'aller dans cette retraite du Marquisat, « après laquelle je soupire. Il ne tenait qu'à moi de pous- « ser à bout ce scélérat d'Hirschell; mais j'ai mieux aimé « en user trop généreusement, après l'avoir fait condam- « ner, que de le punir par la bourse comme je le pou- « vais ? ».

Le refus du juif de vendre pour deux mille livres ce qu'il avait déclaré valoir trois, n’était qu’un moyen d’obtenir de Voltaire de meilleures conditions, car sur la demande de Hirschell on choisit pour arbitre le conseiller intime Ulrich, sur le conseil duquel Voltaire accepta le 26 février 1751 d’acheter une partie des bijoux pour deux mille livres. Il cédait au juif des bijoux d’une valeur de huit cent quarante thalers et subissait dans cette affaire une perte d'environ mille thalers 5.

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