Lettre à Darget, 1751, éd. Moland, tome XXXVII, p
3. G. Desnoiresterres, Voltaire et Frédéric Il, p. 150. Collini prétend dans ses Mémoires, p. 50, que Hirschell vola à Voltaire,
On voit donc que la victoire remportée par Voltaire dans ce procès fut plus apparente que réelle.
Ce procès avait eu le retentissement le plus déplorable pour Voltaire, non seulement à Berlin et en Prusse, mais encore en France, à la cour, où l'on ne pouvait pas pardonner à Voltaire son départ pour Berlin.
C'est le 29 novembre 1750 que Frédéric IT apprit cette affaire. I1 se mit en colère et dit à son secrétaire Darget : « Ecrivez-lui que je veux que dans vingt-quatre heures « il soit sorti de mes Etats ». Darget hésite à exécuter cet ordre : « Songez donc, Sire, objecte-t-il, que vous l'avez « appelé auprès de vous; la commission va le juger; si « elle le trouve coupable, vous serez toujours à temps de « le renvoyer ». — « Vous avez raison, répond Frédéric », et se borna à défendre à Voltaire de se montrer devant lui avant la fin du procès 1.
Le 22 janvier 1751, Frédéric IT écrivait à la margrave de Baireuth : « Vous me demandez ce que c’est que le procès « de Voltaire avec un juif. C’est l'affaire d’un fripon qui « veut tromper un filou. Il n’est pas permis qu’un homme « de l'esprit de Voltaire en fasse un si indigne abus. L’af- « faire est entre les mains de la justice, et dans quelques « jours, nous apprendrons par la sentence, qui est le plus « grand fripon des deux parties. Voltaire s'est emporté; | « il a sauté au visage du juif; il s’en est fallu de peu qu'il
en tout, environ deux mille écus. Nous savons aussi par la lettre de Voltaire à Darget, du 18 janvier 1751, que Voltaire a payé près de deux cents écus pour les frais du protêt de sa lettre de change,