‹ Voltaire FinancierChapitre 59 sur 108 · F. Rossel. Voltaire créancier du Würtemberg, p · texte numérisé non relu

F. Rossel. Voltaire créancier du Würtemberg, p

8. Georges Bengesco. Voltaire. Bibliographie de ses œuvres, tome III, p. 372, 373.

3. Lettre à Madame la comtesse de Lutzelbourg, 1 novembre 1758, éd. Moland, tome XXXIX, p. 526.

4. Lettres inédites de Voltaire à Collini et à Marin. Revue d'His. toire Littéraire de la France, 1910.

25 avril; mais le second, échu le 1 octobre, ne le fut payé que la 5 décembre 1.

Malgré toutes les difficultés que nous venons de voir, Voltaire était si content de son débiteur, qu'en septembre 1764 il abandonna encore à Charles-Eugène la somme de 280.000 livres tournois, moyennant 34.000 livres de rente viagère; les deux contrats sont : l'un du 10 octobre et l’autre du 24 décembre 1764. Ces contrats, dont nous avons déjà parlé, furent passés entre Dupont, par procuration de Voltaire, et Jeanmaire, par procuration du duc. Voici en quels termes Voltaire parle de ces contrats dans sa lettre à Dupont du 25 septembre 1764 : « Vous serez peut-être étonné de ma confiance dans les « princes; mais il y a longtemps que je sais qu’il vaut « mieux placer sur eux que sur les particuliers. M. le « duc de Würtemberg a 600.000 livres de rentes en France « de biens libres ?. »

Par les contrats du 10 octobre et du 24 décembre 1764, la rente viagère de Voltaire sur le duc de Würtemberg se trouvait donc portée à 62.125 livres par an, et c'est après cette brusque augmentation de plus de 50 % que les difficultés commencèrent.

Comme nous l'avons vu, les rentes de Voltaire sur le duc de Würtemberg étaient garanties par tous les biens meubles et immeubles que le duc avait dans ses domaines en Franche-Comté et en Alsace. Ces biens consistaient

1. D. Muller, Les rentes viagères de Voltaire, p. 50 et 51. 2. Lettre à Dupont, du 25 septembre 176%, éd. Moland, tome XLIÏ, .p. 1327.

surtout en terres de labeur, vignes, mines, tuileries, moulins et forges d'Audincourt. Le duc avait aussi les seigneuries de Blamont, de Clémant, de Clerval, de Châtelot, de Granges, de Passävant et d'Héricourt, qui offraient comme revenus des forêts, des labeurs, des moulins, quelques salines et les recettes qui provenaient de l'exercice régulier des droits seigneuriaux. Enfin, le duc possédait encore deux seigneuries en Alsace : celle de Riquewihr avec ses six villages, et celle de Horbourg avec ses onze villages; elles fournissaient un revenu qui pouvait atteindre dans les bonnes années 250.000 livres par an et non pas 600.000, comme l’écrivait Voltaire à Dupont dans sa lettre du 25 septembre 1764 1.

Voltaire avait en 1765, 62.125 livres de rente sur ces terres, et si on ajoute les frais d'exploitation et les autres dettes, on voit que tout le revenu de ces terres était absorbé et encore bien au delà.

En 1764, Voltaire ignorait cet état de choses, mais voyant que les retards devenaient de plus en plus fréquents, ou par effet de prudence habituelle, il fit auprès de Louis-Eugène, frère et héritier présomptif du duc Charles-Eugène, une démarche pour avoir au moins sa promesse qu'il paierait les dettes de son frère. Mais Louis- Eugène ne voulait en aucune façon se tenir pour responsable de ces dettes.

Cette attitude n'était pas de nature à rassurer Voltaire qui « pour faire justice à ses héritiers », homologua ses contrats au Conseil souverain d'Alsace et au Parlement

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