‹ Voltaire FinancierChapitre 61 sur 108 · tome lJIl · texte numérisé non relu

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logués au Conseil souverain d'Alsace et au Parlement de Besançon.

« Ces conventions n'ont rien de commun avec les affaires du duché de Würtemberg; les domaines en Alsace et en Franche-Comté: valent le double de mes hypothèques; ainsi il n'y a nulle excuse pour M. Jeanmaire: J'ai arrêté jusqu'ici le juste ressentiment de mes neveux et de mes nièces, qui n'ont presque pour vivre que l'argent qui doit m'être payé par M. Jeanmaire tous les trois mois.

« Je vous prie, Messieurs, très instamment, de vouloir bien donner des ordres positifs à M. Jeanmaire d’acquitter les engagements qu’il ne peut différer de remplir sous aucun prétexte. C’est une justice que j'attends de vous, et que je vous conjure de ne pas me refuser 1 », D'autre part, le 15 novembre 1765, il avait déjà

écrit à Dupont : « Je suis actuellement un peu embar-

rassé. Les rentes viagères exigent qu'on ne manque jamais d'échéance; M. Jeanmaire me fait un peu languir, et je suis obligé de renvoyer mes ouvriers. Je vous prie d'écrire un petit mot à M. Jeanmaire, pour l’engager à ne pas m'oublier. Je suppose qu'il n’a pas d'argent actuellement, mais il peut me fournir des lettres de change, en me faisant bon de l’escombpte. Je lui ai proposé tous les tempéraments possibles. Ayez la bonté de lui faire sentir que l'accumulation des arrérages devien-

1. Cité d'après D. Muller. Les rentes viagères de Voltaire, p. 59,

« drait aussi désagréable pour lui que l’est pour moi la « privation de ce qui m'est dû ». | Se trouvant à court d'argent et ne pouvant rien obtenir des gens du duc, Voltaire cherche en décembre 1765 à se faire payer « environ quinze mille livres tous les trois mois » par Beaumont Jacob, son banquier de Lyon, moyennant un escompte de 0,50 % par mois. Ces sommes devaient être ensuite remboursées au banquier par les gens du duc; le poète aurait ainsi touché régulièrement ses trimestres, et le banquier se serait débrouïllé avec le duc. Ce tour de force ne réussit pas, car Beaumont-Jacob refusa à cause de la situation pécuniaire de Charles- Eugène 1.

La gène de Voltaire était très réelle, nous en avons une preuve évidente dans la correspondance de cette époque. Ainsi, le 11 avril 1767, le poète écrit à M. de Chenevrières : « Nous manquons de blé, et je suis très embar- « rassé pour en faire venir; je manque d'argent aviec « lecuel on achète du blé, et il faudra probablement que « je fasse le voyage de Wurtemberg, au mois de mai, &« pour aller arranger mes affaires avec la Chambre des « finances de ce pays-là, sur lequel j'ai une grande partie « de mon bien £. »

En septembre 1767, on devait à Voltaire 61.192 livres, c’est-à-dire presque une année de sa rente. C’est à la suite

1. D. Muller, Les rentes viagères de Voltaire, p. 61. 2, Le 12 octobre 1767. Vadtaire écrit à la marquise de Florian : « Ma santé a été si mauvaise que je n’ai pu aller à Montbéliard,

» quoique ce voyage fût indispensable. » >

de ces arrérages que Voltaire écrit à Dupont dans sa lettre du 24 octobre 1767 : « IN faut absolument mettre « cette affaire en règle, ei forcer la Chambre des finances « de Montbéliard à me donner des délégations irrévoca- « bles sur des fermiers que je puisse contraindre. Je vous « répète que j'ai cent personnes à nourrir et que cette « dépense journalière ne permet aucun ménagement.

« Je crois qu'on peut faire saisir les revenus des terres « en Alsace, sans faire une saisie réelle; je m'en rapporte

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