‹ Voltaire FinancierChapitre 65 sur 108 · D. Muller. Les rentes viagères de Voltaire, p. 84 à · texte numérisé non relu

D. Muller. Les rentes viagères de Voltaire, p. 84 à

Voltaire consentit au prêt de ces 96.000 livres remboursables par quartiers en quatre ans; le premier quartier payable le 1” juillet 1769. Le paiement devait s'effectuer en deux annuïtés de 28.000 livres, et deux de 24.800, formiant un total e 105.600 livres, dont 96.000 de capital et 9.600 d'intérêt. Comme garantie Voltaire ne réclama qu'une délégation acceptée par un fermier et les mêmies garanties qu'avait Dietrich. Le duc accepta.

Pour former cette somme, Voltaire repasse au duc les deux billets Jacquelot,

CR ITE rt enn rt 70.000 livres.

Les 19.000 livres que lui doivent pour ses rentes Rosé et Meiner...........,.... - 19.000 livres.

Le premier quartier de la rente qu'on devait lui payer à la suite de cette trans- AC D Te se sl te eo sa e eo U Ste 7.000 livres.

POTAR ES ES entre 96.000 livres.

Le 9 mai 1769, le duc approuvait cet arrangement, qui lui donnait un peu de répit, et le Conseil de Montbéliard envoyait à Voltaire une soumission en forme signée par le sieur Surleau, receveur général des domaines du duc à Montbéliard, à quoi Voltaire fit remarquer que Surleau, n'étant qu'un fonctionnaire du duc, ne pouvait répondre des sommes prêtées au duc'de Würtemberg, et il demandait une délégation sur un fermier ou régisseur qui S’engageât en son propre et privé nom. Il ajoutait : « Je recois dans ce moment une lettre de ma famille qui « me force encore de vous importuner. L'argent dont M.

« Jeamnaire est nanti est le bien de mes parents, — ils « exigent la délégation sur des fermiers solvables demeu- « rant en France, .….je puisse satisfaire à mes engage- « ments et ne plus essuyer les reproches continuels de « ma famille. — S'il ne s'agissait que de mon intérêt, je « m'en remettrais uniquement à votre bonne volonté... 1 ».

I1 semble que Voltaire ne reçut jamais de soumission régulière pas plus qu'il ne fut subrogé aux droits de Dietrich, mais il se consola par le fait que Rosé s'était soumis à Jui payer 14.000 livres tous les {rois mois jusqu'à la fin du compte, ce qui s’effectuait très régulièrement, et le paiement fut entièrement terminé en août 1773, c'est-à-dire à la date fixée. Les lettres de Voltaire à Rosé du 1% avril et du 8 octobre 1771, nous montrent seulement qu'il eut quelques discussions à propos des lettres de change que Rosé prétendait donner pour leur valeur nominale, et que Voltaire n’acceptait, et à juste titre, qu'au prix auquel il les négociait. Le poète obtint satisfaction.

Dans cette affaire, Voltaire a cédé au duc, en mars 1769, ses deux billets à ordre à 5 %; le premier payable le 1* mars 1769, et le second le 1* mars 1770, moyennant un nouveau prêt à 4 %. Grâce à cette combinaison, Voltaire gagnait l'intérêt de 35.000 livres à 5 % pendant une année, car le second billet devait n'être payé que le 1% mars 1770 et le poète en avait déjà touché d'avance l'intérêt lor$ de la conclusion du contrat du 29 février 1768 (avec

1. Lettre au Conseil de Montbéliard, du 6 septembre 1769. F. Rossel. Voltaire créancier du Würtemberg, p. 77, "8.

Jaquelot). Cette conversion avait pour Voltaire encore un autre avantage, car le poète calculait son intérêt comme s’il devait n'être remboursé qu’au bout de chaque année, et malgré cela il avait exigé les remboursements tous les quartiers, ce qui transformait le taux de 4 % en un taux supérieur. Nous avons vu aussi qu’une des sommes qui composait ces 96.000 livres était le premier quartier de la rente qui, en fait, ne devait lui être payée que trois mois plus tard. Et enfin un dernier avantage, mais peutêtre le plus appréciable de tous, fut que tous ses arrérages portaient un intérêt de 4 % 1.

Par le moyen des billets Jaquelot et le contrat de 105.600 livres, Voltaire réussit à se faire payer une créance compromise de 64.750 livres avec un intérêt que M. D. Muller estime être de plus de 7 %.

La situation financière du duc de Würtemberg devenait de jour en jour plus difficile, ce qui força Jeanmaire, l'intendant du duc, à s'adresser à Voltaire en octobre 1772, en lui demandant de prêter au duc 150.000 livres.

Le patriarche de Ferney, qui employait alors tous ses capitaux disponibles à bâtir ses manufactures, lui répondit le 17 octobre 1772 en ces termes : « Vous ignorez, « Monsieur, que j'ai établi à Ferney une colonie et des « manufactures qui me ruinent. Loin de pouvoir vous « prêter de l'argent, je suis obligé d'en emprunter »; mais le poète promit de tenter toutes les voies possibles pour trouver de l’argent pour le duc. En effet, il écrivit à Ge-

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