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La promesse du 28 janvier 1755 était, en effet, un contrat de vente sous l’unique réserve que le permis de séjour serait accordé à Voltaire, ce qui eut lieu en vertu de la décision du Conseil en date du 1% février 1755. Il ne restait donc plus à Voltaire qu'à verser les quatrevingt-dix mille livres, prix convenu de son acquisition. Mais, selon Voltaire, la maison était payée un grand tiers au-dessous de sa valeur, ce qui fait que le poète, hésite, semble même chercher à se dégager en prétextant les inquiétudes que lui inspire la Compagnie des Indes, discute chaque article et fait faire des modifications qui tournaient à son avantage et lassaient le vendeur et Robert Tronchin. s
Voltaire veut tout prévoir, se précautionner contre tout; il entend que « tous les frais de contrats, lots et ventes » regardent le vendeur, ou bien c'est un tonneau de vin, trois paires de draps, deux nappes, deux douzaines de serviettes à comprendre dans l'inventaire, ou enfin c’est un carrosse que Voltaire voit dans une remise et qui doit être cédé par le vendeur 1.
L'acte définitif fut signé le 11 février, Robert Tronchin achetait Saint-Jean pour la somme de quatre vingt sept mille deux cents livres de France ?.
Il en donnait la jouissance immédiate à Voltaire par un bail renouvelable indéfiniment de trois en trois ans. Voici le contenu de l'acte : « Ledit achat est fait pour
1. Henry Tronchin. Le conseiller François Tronchin et sês amis…, p. 41, 48.
è. Voltaire paya 77.000 francs par une lettre de change sur. M. de Montmartel, payable en septembre 1755.
la somme de 87.000 livres, dont ledit M. Tronchin paiera 10.000 livres comptant, et M. de Voltaire, les 77.800 livres restantes; dans cette dernière somme est comprise celle de 15.000 livres que M. de Voltaire paye pour les meubles, bestiaux, voitures.., dont il acquiert la propriété dès à présent. » Tronchin passe en même
temps avec Voltaire, un acte par lequel il lui « amodie
cette campagne pour neuf ans, pendant lesquels M. de Voltaire y pourra faire, à ses frais, toutes les réparations qu'il jugera à propos; étant convenu que, s’il en fait qui diminuent la rente du fonds, on en fera l’estimation pour les rabattre sur l'obligation judicielle que M. Tronchin passera en faveur de M. de Voltaire de 38.000 livres de France, hypothéquées sur le fonds et payables sans intérêts audit M. de Voltaire six mois après son départ de Genève ou après sa mort à ses héritiers; et, en payant cette obligation, M. Tronchin, entrera en possession du fonds, mais non des meubles, qui appartiendront audit M. de Voltaire, qui en disposera. Il est aussi stipulé que, si les bâtiments sont consumés par le feu du ciel, la perte en sera pour M. Tronchin, mais tout autre incendie sera réparé aux frais de M. de Voltaire 1. »
L'acquisition de Saint-Jean ne suffisait pas à Voltaire,