‹ VoltaireChapitre 15 sur 308 · L'ÉCHANGE, OU QUAND EST-CE QU'ON ME MARIE? COmédie · texte numérisé non relu

L'ÉCHANGE, OU QUAND EST-CE QU'ON ME MARIE? COmédie

en deux actes. Vienne (Autriche), Ghelen, 1761, in-8* (Bibl. irap. et royale de Vienne); et 1765, in-8 de 47 pp. (Soleinne, t. II, n* 1687.) Premières éditions.

Nous avons déjà dit qu'à Cirey l'Echange était connu sous le nom du Comte de Boursoufle ou de Boursoufle tout court, et que pour le distinguer des Originaux qui portaient le même titre, on disait le grand Boursoufle ou Boursoufle Vaine pour les Originaux^ et le petit Boursoufle pour V Echange, Selon Decroix, la différence entre le grand et le petit Bou^» soufle consistait apparemment en ce que l'un était en trois actes, et l'autre en un. « En effet, dit-il, on a retrouvé dans le « Catalogue des livres de M. Pont de Veyle, l'indication d'un « Comte de Boursoufle en un acte ; mais il y est rangé dans la <c section des opéras-comiques, ce qui doit faire supposer que a l'auteur avait ajouté de la poésie à sa pièce. Nous ne conte naissons pas cet opéra*comique,et nous ignorons s'il existe o encore' » {Avertissement composé pour l'édition de M. Lequien et reproduit par Beuchot).

Decroix n'a pas rencontré juste. La correspondance de M"* de Grafiigny, qui nous a laissé un récit détaillé de la visite qu'elle fit à M»« du Châtelet, au château de Cirey, en 1 738 et 1739, montre clairement que le même titre de Boursoufle était donné à deux pièces distinctes, les Originaux et PEchange,

Tous les éditeurs ou biographes de Voltaire s'accordent à dire que l'Echange fut fait et joué à Cirey en 1734. Que VEchange ait été composé cette année-là, soit à Cirey, soit ailleurs, cela ne paraît pas invraisenlblable : car il y est fait

i- Le 25 avril 1866, on a joué à Liège l'Echange^ opéra-comique en un icte, tiré de Voltaire, paroles et musique d'E. Mathieu. Non imprimé. (Voyez Guide dramatique belge,, par Dupont Liège^ i8;o, p. 76.) Les personnages de l'opéra-comique de M. Mathieu sont les m!mes que ceux de la comédie de Voltaire, excepté que l'héroïne de la pièce est appelée Isabelle^ au lieu de Gotton* Nous devons ces renseignemsnti à la parfaite obligeance de M. Albin Body, bibliothécaire-archiviste de la ville de Spa.

allusion à la prise de Philipsbourg, qui eut lieu le i8 juillet

1734. Mais qu'on ait joué V Echange, en 1734, à Cirey, c'est

ce qu'il est difficile d'admettre. La première fois que Voltaice

parle d'une représentation théâtrale à Cirey, c'est dans une

lettre du 22 janvier 1736 : il annonce à Thieriot qu'il est en

train de faire répéter a une très mauvaise comédie de sa fa-

« çon t. Il dit ailleurs que la pièce est « une farce indigne du

« public» (à Thieriot, 10 mars 1736). Tout cela se rapporte

bien à VEchange^ et nullement à l'Enfant prodigue, comme

le veut M. Clogenson. UEnfant prodigue ne fut d'ailleurs

achevé que vers le 16 mars 1736.

Onze ans plus tard l'Echange ou le Petit Boursoufle était joué au château d'Anet (le 24 août 1747: c'est pour cette représentation que Voltaire composa le Frologue qui est en tête de la pièce) ; et le 26 janvier 1761, il reparaissait à Paris, à la Comédie-Italienne, sous le titre de : « Quand est-ce qu'on me marie ? comédie en trois actes et en prose traduite de Van^ glais* ». La même année on le représentait sur le théâtre de la Cour, à Vienne.

Ce fut alors, à ce que dit Decroix, que la pièce reçut pour la première fois le titre de TE change ; on lui donna pour sous* titre : Quand est-ce qu'on me marie? on la réduisit en deux actes : le dénouement en fut remanié, et les noms des personnages changés.

Les deux premières éditions de VEchange parurent à Vienne en 1761 et en 1765, la seconde avec quelques corrections de détail. 11 y avait, dans la bibliothèque de M. de So« leinne, un exemplaire de cette seconde édition de Vienne, avec des notes manuscrites de la main de Voltaire (Soleinne, t. K, n» 1687).

La première édition française fut publiée par Beuchot, en 1817 (Œuvres de Voltaire, Paris, madame Perronneau, 1817-1822, t. VII); l'éditeur avait reproduit le texte de Vienne, n'ayant pu se procurer autre chose.

Cependant le manuscrit de la pièce se trouvait dans la

I. Voltaire a, en effet, pris l'idée et presque toutes les scènes prindpales de ta comédie dans une pièce de Van Brugh : « The relapse or virtue in danger. » Van Brugh lui-même avait emprunté les personnages qu'il mettait en scène à une comédie de Cibber, intitulée : • Lové's lait shifl or the fool in fashion, » Sheridan s'empara à son tour de Tœuvre de Van Brugh et la donna, sous son propre nom, avec quelques changements insignifiants : elle s'appelait cette fois : « A Trip to Scarborough. » (Voyez Ph. Chasles, Etudes contemporainet, Paris, Amyot, 1867, p. 35y : • D'une comédie de Voltaire qui • n'est pas de Voltaire ; • — et un article de M. G. S. (G. Servoii) dans la Correspondance littéraire, n*do 25 février 1862, pp. 103-109.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES , a3

bibliothèque de Pont-de-Veyle, acquise par M. de Soleinne^. Il fut communiqué à M. Renouard, et celui-ci le fit paraître dans son édition des Œuvres de Voltaire, t. VII. Tout porte à croire que cette copie donnait le texte primitif, celui qu^on avait suivi dans les représentations de Cirey et d'Anet. En effet, la pièce avait pour titre, dans ce manuscrit, le Comte de Boursoufle; elle était en trois actes: même dénouement que celui indiqué par M"« de Grafiigny, et mêmes personnages que ceux désignés par M"* de Staal-Delaunay, qui nous a laissé une relation de la représentation donnée à Anet, en 1747*.

Une autre copie qui appartenait à Decroix fut publiée par M. Lequien, dans le tome IX des Œuvres complètes de Voltaire. Toutefois, M. Lequien empruntait à la seconde édition de Vienne le titre de l'Echange, les noms des personnages et quelques corrections. Ce titre et ces noms furent conservés par Beuchot dans son édition en 70 volumes in-8 des Œuvres de Voltaire. Son texte est d'ailleurs entièrement conforme à celui qu'avait donné M. Lequien.

88. Le comte de Boursoufle ou les agréments du droit d'aînesse, comédie par feu M. de Voltaire. Paris ^ J.' Renouard, s. dJ (1826). In- 3 2 de 64 pp. (Bibl. N'*. Y. Th. 3807; I exemplaire sur vélin. Ibid. Réserve, Y.

Sur la couverture, on lit : Le comte de Boursoufle ou Vavan* tage d'être Vaine, comédie etc..

D'autres exemplaires portent : Le Comte de Boursoufle ou les agréments du droit cCainesse, comédie de Voltaire. Paris, Touquet, 1826. In-32 de 64 p. (Bibl. nat., Y Th. 38o8).

C'est V Echange, imprimé d'après le texte de M. Renouard.

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