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rent par la couleur, qui an de la
nôtre : ils en diffèrent encore. plus par la - fierté.et le courage.
Ils ne connurent jamais le gouvernemént monarchique ; l'esprit républicain a été le partage de tous les peuplés du Nord dans l’ancien monde et dans le nouveau.
Tous les habitants de PAmérique septentrionale, des montagnes des Apalaches au détroit de David, sont des paysans et des chasseurs divisés en bourgades; institutions naturelles de l'espèce humaine. Nous leur avons rarement donné le nom d’Indiens, dont nous avions très mal à propos désigné les peuples du Pérou et du Bréil ‘On n’appela ce pays les Indes, que parce qu'il en venait autant de trésors que de l'Inde véritable, On se contenta de nômmer les Américains du Nord Sauvages ; ils l’étaient moins, à quelques égards, que les paysans de nos côtes européennes, qui ont -si longtemps pillé de droit les vaisseaux naufragés, et tué les nävi Là. io La guerre, <e crime et ce fléau tous les temps et de tous les hommes, n'avait pas chez eux, comme chez nous, l'intérêt pour motif, c'était d'ordinaire l’insulte et la vengeance qui en était le sujet, comme chez les Brésiliens et cher tous les sauvages.
Ce qu'il y avait de plus horrible chez les Canadiens, est qu’ils fesaient mourir dans les supplices leurs ennemis captifs, et qu'ils les mangeaïent. Cette horreur leur était commune avec les Brésiliens, éloignés d'eux de cinquañte degrés. Les
“uns et les autres mangeaient un ennemi
comme le gibier de leur chasse. C’est un usage qui n’est pas de tous les jours ; mais il a été commun à plus d’un peuple, et nous en avons traité à part.
C’est dans ces terres stériles el glacées du Canada que les hommes étaient sou-
“vent anthropophages ; ils ne l’étaient point
dans l’Acadie, pays meïlleur où l’on ne manque pas de nourriture. Ils ne l’étaient point dans le reste du continent, excepté
dans quelques parties du Brésil, et chez
les cannibales des îles Caraïbes.
Quelques jésuites et quelques huguenots, rassemblés par une fatalité singulière, cultivèrent la colonie naissante du Canada ; elle s’allia ensuite avec les Hurons qui fesaient la guerre aux Iroquois. Ceuxci nuisirent beaucoup à la colonie, prirent quelques jésuites prisonniers, et dit-on, les mangèrent. Les Anglais ne furent pas moins funestes à l’établissement de Qué-
bec. À peine cette ville commençait à être
bâtie et fortifiée, qu'ils l’attaquèrent. Ils
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prirent toute l’Acadie; cela ne veut dire autre chose, sinon qu'ils détruisirent des cabanes de pêcheurs.
Les Français n’avaient donc dans ces temps-là aucun établissement hors de France, et pas plus en Amérique qu’en Asie.
La compagnie da marchands, qui s’était ruinée dans ces entreprises, espérant réparer ses pertes, pressa le cardinal de Richelieu de la comprendre dans le traité de Saint-Germain fait avec les Anglais.
Ces peuples rendirent le peu qu'ils avaient envahi, dont ils ne fesaient alors aucun cas : et ce peu devint ensuite la Nouvelle- France. Cette Nouvelle-France resta longtemps dans un état misérable ; la pêche de la morue rapporta quelques légers profits qui soutinrent la compagnie. Les Anglais, informés de ces petits profits prirent encore l’Acadie.
Ils la rendirent encore au traité de Bréda. Enfin ils la prirent cinq fois, et s’en sont conservé la propriété par la paix d'Utrecht, paix alors heureuse, qui est devenue plus funeste à l’Europe ; car nous verrons que les ministres qui firent ce traité, n'ayant pas déterminé les limites de l'Acadie, l'Angleterre voulait les €tendre, et la France les resserrer, ce