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comédies, sans compter les ballets, les concerts, les chasses et les petits soupers. Le Parc aux Cerfs, véritable sérail sans cesse renouvelé, qui en dix ans coûta plus d’un milliard de francs, complétait les fantaisies et les débauches royales.
Tour à tour ambassadeur à Rome, à
Berlin, à Londres, le duc de Nivernois prit une part considérable, en cette dernière qualité, au fameux traité qui allait céder le Canada à l'Angleterre. L’année même qui précéda le traité, son amie lui adressait une lettre typique.
“ Vous avez donc vu la capitale et les nouveaux Romains, comme ils s'appellent; vous aurez de la peine à les aimer. Le roi
George vous a bien reçu, les seigneurs vous caressent, et la canaille vous siffle ; c'est tout ce que nous avions prévu. Le grand point est de s'attacher au principal : il faut parler au pilote et aux officiers du vaisseau, sans faire attention à la populace qui murmure à fond de cale.
L'histoire de votre souper de Cantorbéry nous à bin fait rire ; cela est juste, la paix n’est pas faite, et votre hôte vous a traité en ennemi. Les Anglais, dites-vous,
ont généralement désapprouvé la conduite de cet honnête homme ; la réparation est généreuse et suffisante, mais je ne crois pas que vous soupiez jamais chez lui. On admire vos dépêches ; le roi est très content. On est prêt à céder volontiers le Canada aux Anglais. Grand bien leur en fasse ! Mais pour les îles de Pondichéry, il faut les sauver à quelque prix que ce soit. Quant à la rançon des prisonniers et aux billets du Canada, il n’y aura pas de difficulté ; c’est un petit mémoire de marchand qu'il faudra payer aussitôt. Je suis, etc. ”
On est prêt à céder volontiers le Canada aux Anglais : grand bien leur en fasse !
Ainsi parlait Mme de Pompadour à son ambassadeur. L'établissement de Pondichéry, qui avait eu le même sort que le Canada, fut sauvé, eomme elle le voulait, en attendant de tomber de nouveau aux mains des Anglais, puis d’être repris par la France. Pendant que les négociations se poursuivent, elle écrit à son amie la comtesse Baschi (1762) :
‘“ Il y a de bonnes nouvelles de Londres. Le duc nous mande que les Anglais
savent faire la guerre, mais qu'ils ne sa vent pas faire la paix. Cependan; il faudra faire des sacrifices : ils nous rendent notre sucre et les étoiles des Indes ; maïs il faudra leur céder nos manchons et toutes les neiges du Canada: grand bien leur en fasse ! La perte n’est pas grande, excepté celle de l'honneur, qui nous fait frémir.
Nos amis nous ont bien servis. ”
Passons à une autre lettre de la même à [a même :
‘ Les Anglais parlent déjà de guerre; les uns parient qu’elle se fera en six mois, d'autres en un an. C’est l’usage de ce peuple fou; on parle au lieu de raisonner.
Mais voici des nouvelles effrayantes qu’on à lues dans les papiers anglais. IL faut -donc que vous sachiez, Madame, que l’emipereur hait les Français à la mort; qu'il veut ravir la Lorraine sans rendre ce qu’il a reçu à la place ; il doit encore conquérir l’Alsace et les trois évèchés, comme des anciens domaines de l’Empire. Son armée est déjà en campagne, elle est auprès de Trèves, où sans doute elle est tombée des nues ; et tout cela va fondre sur la pauvre France, au printemps. Voila, Madame, ce que les Anglais souvent et ce