Spence, Anecdotes, p
3. Histoire posthume de Voltaire ; Œuvres completes, vol. I, p. 467.
ài
qu'il a commis trop souvent des actes qui auraient permis de lui appliquer ces deux épithètes. Sa correspondance, et sa conversation ressemblait sans doute à sa correspondance, donne presque la nausée. Ses compliments sont si serviles, ses flatteries tellement exagérées que Ton pourrait être tenté de les prendre pour de Tironie consommée. Il semble qu'il ait passé son existence à genoux. Il n'est peut-être pas un bomme distingué de l'Angleterre de cette époque qui n'ait été l'objet de ses obséquieux bommages. Il accablait sans distinction de ses flatteries, Pope, S^vift, Gav, Clarke, la moitié du Cabinet et la moitié de la Pairie.
Chez un homme de ce caractère, la fausseté et Thypocrisie sont naturelles. Il n'y a rien, quelque bas que ce soit, à quoi il ne s'arrêtera pas ; il n'est pas de loi du code de l'honneur social qu'il n'est pas capable de violer*. Le fait qu'il resta en bons termes avec Pope et Bolingbroke peut difficilement être invoqué comme une preuve de son innocence, car ni Pope ni Bolingbroke n'ont probablement été se quereller pour une pareille question avec un homme qui se trouvait dans une position aussi particulière que celle de Voltaire.
Ses flatteries étaient agréables et elles pourraient être appréciables un jour ou l'autre. Les hommes par-
I. Un exemple caractéristique de la duplicité et de bassesse de Voltaire dans ses relations sociales est cité par Horace Walpole dans ses Short Xotes of my Life insérées dans Horace Wal pole's Letters (éd. Mrs To>nibee I.)
4 a VOLTAIRE EN ANGLETERRE
donnent facilement tout ce qui ne touche pas à leur bourse ou ne blesse pas leur vanité.
Un autre trait déplaisant chez Voltaire était le sansgêne de sa conversation, même en présence de personnes que leur âge et leur sexe auraient dû protéger contre une telle impertinence. Lors d'une visite qu'il fit à Pope, son langage, ainsi que je l'ai raconté plus haut, fut tellement déplacé que Mrs Pope ne put faire autrement que de quitter la pièce ^
Vers la fm de janvier de 1727, Voltaire fut présenté à la Cour, ainsi qu'en fait mention le Daily Journal du 27 janvier 1727.
« La semaine dernière, M. Voltaire, le célèbre poète, a été présenté à Sa Majesté qui l'a reçu très gracieusement. »
Neuf ans auparavant environ, il avait envoyé au roi un exemplaire de son Œdipe en accompagnant cet hommage d'un poème devant lequel, bien qu'il eût été écrit sérieusement, pâlit l'ironique adaptation par Pope de l'Épître d'Horace à Auguste.
Voici le texte de cette flatteuse dédicace :
Toi que la France admire autant que l'Angleterre,
Qui de l'Europe en feu balances les destins
Toi qui chéris la paix dans le sein de la guerre,