I. Johnson, Life of Pope-, Ruffhead, Life of Pope
Et qui n'es armé du tonnerre Que pour le bonheur des humains Grand roi, des rives de la Seine J'ose te présenter ces tragiques essais.
Un véritable roi sait porter sa puissance Plus loin que ses États renfeimés par les mers : Tu règnes sur l'Anglais par le droit de naissance, Par tes vertus, sur l'univers.
Il ressort d'une lettre de Voltaire à lord Stair, alors ambassadeur d'Angleterre à Paris, en date du 20 juin 1718, et d'une allusion qui se trouve dans une lettre de Graggs à Stair, du mois de septembre de la même année, que le roi reconnut d'une façon ou d'une autre l'hommage du jeune poète ^ Il semble qu'il lui ait fait présent d'une montre, il est possible aussi que Voltaire ait reçu quelque chose de plus substantiel.
Cependant si Voltaire faisait tout son possible pour se mettre dans les bonnes grâces du roi, il s'efforçait également de se concilier la faveur du prince et de la princesse de Galles dont l'entourage formait une petite cour d'opposition qui pouvait d'un moment
I . Ces deux lettres ont été publiées dans les Annals and Correspondence of the First and Second Earls of Stair, par Graham, vol. II, p. 128. « Je vous prie, milord, de mettre le comble à vos faveurs en envoyant chez mon père la belle montre que vous m'avez montrée. Une lettre de vous le charmera et il sera ravi que les présents que le roi d'Angleterre daigne me faire passent par ses mains. » Voici, d'autre part, le passage de la lettre de Craggs : « J'ajouterai qu'ils nous doivent une faveur de la nature de celle que Sa Majesté a faite à M. Voltaire » {ibid., II, 4o4)
lx!\ VOLTAIRE EN ANGLETERRE
à Taulre devenir la cour régnante. Lady Bolingbroke écrivit dans ce but à Mrs Howard, qui devait devenir plus tard comtesse de SulTolk pour la solliciter d'accorder sa protection à Voltaire, elle la pria en même temps de présenter à la princesse Caroline, de la part de ce dernier, un exemplaire d'une de ses tragédies.
« Vous aimez l'esprit et le mérite, lui dit-elle, et vous este plus capable d'en juger que personne. Accordé donc, je vous prie, vostre protection au seul poète françois que nous ayons à présent et ayez la bonté de présenter à S. A. R. madame la princesse une tragédie qu'il vient de faire imprimer, et dont il a pris la liberté de lui destiner cet exemplaire*. »
La lettre est datée de Cramfort (Cranford) « ce dimanche », mais ni le mois ni l'année ne sont indiqués. L'allusion à la princesse montre qu'elle doit avoir été écrite avant la mort de George P^ C'était par Chesterfield qu'il avait été recommandé à la princesse de Galles.
Mrs Howard ne fut pas la seule personne en faveur à la Cour dont il sollicita la protection. Une lettre écrite par lui après son retour à Paris en avril 1729 montre qu'il avait reçu de nombreuses attentions de la part de Mrs Clayton, plus tard lady Sundon. Elle est datée de Paris, 18 avril 1729.
« Madame % — Bien que j'aie quitté Londres, les