I. Œuvres completes, vol. IX, p
a, [bid., vol. XXII, p. 28.
limite, ce serait à ses risques et périls. Cette permission dut lui être accordée de nouveau sur sa demande ; en fait il dit lui-même l'avoir « arrachée », et la raison pour laquelle il la demanda est expliquée par un passage d'une lettre à Thiériot datée du 1 5 juin et écrite de Wandsworth. Il lui dit que la Henriade doit être imprimée secrètement quelque part et il lui demande en quel endroit elle pourrait l'être : « Il faut que ce soit en France, dans quelque ville de province. Je me demande si Rouen serait un endroit convenable... Si vous connaissez quelque endroit où je puisse faire imprimer mon livre en sûreté, je vous prie de me le faire savoir, mais ne dévoilez à personne le secret de ma présence en France », et il ajoute : « Je serais extrêmement heureux de vous revoir, mais je ne voudrais voir personne d'autre au monde. Je ne voudrais même pas être soupçonné d'avoir mis le pied dans votre pays, ni d'y avoir pensé. »
Il avait donc manifestement l'intention de se rendre en France^ pour y faire imprimer son poème et il prit la précaution de demander au gouvernement français une permission qui lui fut accordée^. En-
1 . Desnoireterres prétend que A^oltaire ne profita pas de la permission qui lui avait été accordée et resta en Angleterre. Ceci est certainement confirmé non seulement par l'absence de toute trace d'un voyage de Voltaire en France à cette époque mais encore par la propre lettre de Voltaire à Thiériot, datée à tort par les éditeurs 1758, alors qu'elle eut dû être datée de la fin de 1728 ou du printemps de l'année 1729.