‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 22 sur 103 · I. Lettres philosophiques, VII · texte numérisé non relu

I. Lettres philosophiques, VII

View of Sir Isaac Newton's Philosophy. Il est évident que ce livre avait été lu par Voltaire soit en épreuves soit en manuscrit. Il en parle en effet, dans une lettre à Thiériot écrite quelques nnois avant la publication du traité, en termes qui démontrent qu'il l'avait parcourue Ce fut très probablement sous les auspices de Pemberton qu'il entreprit l'étude des Principia et des Optics, étude qu'il reprit plus tard à Cirey d'une façon plus sérieuse. Il est certain que l'ouvrage de Pemberton l'aida beaucoup dans ses études sur Newton. De fait, son exposé de la philosophie de Newton dans les Lettres philosophiques et dans les Éléments de la Philosophie de Newton est basé dans une très large mesure sur l'analyse de Pemberton.

De Newton dont la métaphysique le rebuta il passa à Locke. II lut et relut avec délices l' Essay de Locke. Cet ouvrage devint son évangile philosophique. Quand il y faisait allusion dans ses ouvrages et dans sa conversation, c'était généralement en termes extrêmement élogieux. De plus il resta fidèle à Locke jusqu'au bout. « Pendant trente ans, écrit-il, dans une lettre datée de juillet 1768, j'ai été persécuté par une foule de fanatiques, parce que j'avais dit que Locke était l'Hercule de la Métaphysique qui avait assigné des limites à l'esprit humain^. » Il dit

1. Lettre à Thiériot, 27 mai 1727; Œuvres completes, vol. XXIII, p. 73.

2. Voir la très intéressante lettre à Horace Walpole publiée dans l'appendice des Historical Memoirs of the Author of the Hen riade.

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d'autre part, dans le Siècle de Louis XIV : « Locke seul a développé rentendement humain, dans un livre où il n'y a que des vérités, et ce qui rend l'ouvrage parfait toutes ces vérités sont claires ^

« Il est peu probable qu'il ait lu Bacon et c'est sans doute dans ses conversations avec Bolingroke et Clarke qu'il avait recueilli ce qu'il connaissait de ses ouvrages en latin. S'il avait lu le Novum Organum, il n'en aurait certainement pas parlé comme il l'a fait dans sa Douzième lettre. Cependant, il avait certainement consulté les ouvrages anglais de Bacon, c'est-à-dire ses Essays et son History oj Henry VH. Il semble aussi s'être intéressé aux travaux de Hobbes et de Cudworth. Il connaissait personnellement Berkeley et il a dit que s'il était prêt à se ranger parmi les admirateurs de ce grand philosophe, il n'avait pas envie de devenir son disciple. Sa lettre à Andrew Pitt prouve qu'il avait lu très attentivement Alciphron^'. Les remarques qu'il fait dans cette lettre sur le traité de Berkeley sont si curieuses et si pénétrantes qu'elles valent la peine d'être citées. « a J'ai lu le livre en entier : votre esprit et le mien aiment la sincérité, je dois donc vous dire franchement que la sagacité du Docteur m'a plu davantage qu'elle ne m'a convaincu. J'admire son esprit pénétrant sans

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