‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 23 sur 103 · Cbap. XXXIX · texte numérisé non relu

Cbap. XXXIX

2. Cette intéressante lettre, écrite en anglais, a été publiée dans la Collection of Letters, de Léonard Howard, p. 6o4. Howard n'est pas toujours digne de foi, mais il n'y a, semble-t-il, aucune raison de douter de l'authenticité de cette lettre dont l'original était, dit-il, entre les mains d'un de ses amis.

me laisser convaincre par lui et je veux bien me ranger parmi ses admirateurs mais non parmi ses disciples. En un mot, Monsieur, je crois en Dieu mais non aux prêtres ; il est plus qu'évident que ce livre est plutôt un livre de parti qu'un ouvrage religieux. Le Docteur s'efforce plutôt d'attirer les lecteurs à lui qu'à la religion. Dans plusieurs passages il se montre plus subtil et plus pénétrant que sérieux et exact. Je l'ai connu personnellement, c'est certainement un savant philosophe et un esprit délicat. Je vous adresse de nouveau mes meilleurs remerciements pour votre présent. »

L'infatigable curiosité de Voltaire ne connaissait pas de bornes. Il se prit d'un vif intérêt par l'Histoire naturelle et il entra en relations avec plusieurs membres de la Royal Society, en particulier avec le vénérable président. Sir Hans Sloane à qui il offrit un exemplaire de ses ouvrages anglais ^ Il fut, plusieurs années après, élu lui-même membre de la Royal Society, honneur qui le flatta beaucoup^.

La controverse qui s'éleva alors entre adversaires et apologistes du christianisme retint particulièrement son intention. Cette controverse battait alors son plein. Plus de deux années s'étaient écoulées depuis la publication du Discourse on the Grounds and Reasons of the Christian Religion d'Anthony Collins. Get

1 . Voir au British Museum cet exemplaire avec dédicace autographe. /

2. Il fut élu sociétaire le 3 novembre 1743. Archives of the Royal Society.

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ouvrage avait fait beaucoup de bruit dans le public. Il avait été condamné du haut de la chaire et avait suscité d'innombrables répliques dans les journaux. D'autres ouvrages du même genre parurent successivement et envenimèrent la querelle.

En 1727, parut, avec une dédicace à l'évêque de Londres le premier des Six Discourses on the Miracles of Christ, de Wolston et la publication de ce livre fit descendre dans l'arène les plus distingués des ecclésiastiques de cette époque.

Bolingbroke documenta très probablement Voltaire davantage que tous les autres déistes anglais réunis mais de nombreux passages des ouvrages de ce dernier montrent qu'il suivit très attentivement toutes les phases de la controverse.

Il parle toujours de Woolston en particulier avec beaucoup de respect et il a donné, dans un article du Dictionnaire philosophique, un exposé long et raisonné des travaux de ce courageux libre-penseur. Son admiration pour Woolston ne se borna d'ailleurs pas à des éloges ; lorsque, trois ans plus tard, Woolston fut mis en prison et frappé d'une amende à cause de ses opinions hétérodoxes, Voltaire écrivit aussitôt de France pour offrir de prendre à sa charge un tiers de l'amende*.

Pendant l'hiver de 1727, il publia un petit volume qui constitue à la fois une curiosité et une merveille littéraire. Ce volume contenait deux essais. Le pre-

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