‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 29 sur 103 · Ibid., même page · texte numérisé non relu

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que la reine lui offrit son portrait. Voltaire possédait bien un portrait de la reine Caroline en médaillon mais ce médaillon lui venait de la reine de Prusse qui le lui avait fait parvenir par l'intermédiaire de la comtesse de Lippe ^, et non pas de la reine Caroline elle-même.

Il exprima avec éloquence et d'une façon très heureuse, dans la Henriade, ses sentiments de reconnaissance envers la nation hospitalière qui lui avait offert un abri et envers ses souverains, et l'admiration qu'il éprouvait pour la manière dont l'Angleterre était gouvernée. Ses appréciations sur Elizabeth et l'Angleterre du temps d'Elizabeth s'appliquent en effet d'une façon évidente à ses protecteurs royaux et à l'Angleterre de leur temps.

Il serait impossible à aucun Anglais de lire le passage suivant sans reconnaître que le jeune poète avait reconnu d'une façon éclatante les attentions dont il avait été l'objet de la part des ennemis héréditaires de son pays.

En voyant l'Angleterre, en secret il admire

Le changement heureux de ce puissant Empire,

Où l'éternel abus de tant de sa2:es lois

Fit longtemps le malheur et du peuple et des rois.

Sur ce sanglant thàtre où cent héros périrent.

Sur ce trône glissant dont cent rois descendirent,

Une femme, à ses pieds, enchaînant les destins,

De l'éclat de son règne étonnait les humains.

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