‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 35 sur 103 · The Literary Life of the late Thomas Pennant, p · texte numérisé non relu

The Literary Life of the late Thomas Pennant, p

tude qu'il avait acquise de parler couramment notre langue le tirèrent d'une aventure qui aurait pu tourner mal. Il flânait un jour dans la rue quand son extérieur étrange attira Tattention. La foule commença à s'amasser derrière lui et un voyou se mit à se moquer de lui et à l'injurier en lui reprochant sa qualité de Français. Rien n'est plus facile à exciter que les passions de la populace et les gens de cette sorte, quand ils ont devant eux une victime sans défense, ne s'arrêtent généralement pas aux injures. Voltaire était sur le point de recevoir de la boue et même des projectiles moins inoS'ensifs, mais il sut se montrer à la hauteur de la situation. Faisant courageusement face à ses assaillants, il monta sur une borne qui se trouvait là et commença un discours dont la première phrase seulement est parvenue jusqu'à nous : « Braves Anglais ! s'écria-t-il, ne suis-je pas suffisamment malheureux de n'être pas né parmi vous? » Nous ne savons pas comment il continua mais sa harangue, si nous en croyons \^ agnière, produisit un tel efi'et que non seulement la foule fut apaisée mais qu'elle voulut à toute force le porter chez lui en triomphe ^

Ce ne fut pas la seule occasion où il eut à soufi'rir de la façon grossière dont les gens du peuple avaient à cette époque l'habitude de traiter ses compatriotes. Il prenait un jour l'air sur la rivière quand l'un des bateliers s' apercevant que son passager était Français,

Page 1