‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 38 sur 103 · I. Memoirs, vol. II, p · texte numérisé non relu

I. Memoirs, vol. II, p

VOLTAIRE EN ANGLETERRE qS

Ce fut à Wandsworth à moins que ce ne fût à Londres, qu'il esquissa aussi une autre tragédie, qui pourtant ne fut entièrement terminée qu'en lyS^, La Mort de César, suggérée, il est à peine besoin de le dire, par le chef-d'œuvre de Shakespeare \ Il trouve également le temps à cette époque (fin 1728) decomposer ces charmantes Lettres qui furent plus tard publiées en anglais sous le titre de Letters concerning the English Nation et en français sous celui de Lettres Philosophiques. Elles étaient adressées à son ami Thiériot et furent traduites en anglais par les soins de ce dernier qui vint en Angleterre dans ce but. La publication de la traduction anglaise précéda celle de l'original français. En agissant ainsi. Voltaire, ainsi que nous le montre une lettre à Thiériot écrite en juillet 1733, avait un double but.

Il se doutait bien de la tempête que la publication de ces lettres allait inévitablement soulever en France, aussi priait-il Thiériot dans la préface de la traduction d'insister sur le fait qu'elles n'avaient pas été écrites pour le public mais adressées à lui personnellement. L'accueil qui serait fait à l'édition anglaise donnerait une idée de celui qui était réservé à l'édition française et le fait que cet ouvrage circulait en Angleterre le justifierait en quelque sorte de le faire paraître en français.

Les Lettres ont une importance historique indéniable. « Les Lettres Anglaises, dit Lanfrey, sont non

Page 1