‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 39 sur 103 · I. Œuvres complètes (édit. 1877), vol. II, note · texte numérisé non relu

I. Œuvres complètes (édit. 1877), vol. II, note

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seulement le livre du siècle où il y a le plus de vérités nouvelles, mais ces vérités y sont armées en guerre et sonnent comme les flèches inévitables du dieu à l'arc d'argent *. » Avant leur apparition, la France avait fait preuve d'une étrange indifférence à la culture et aux qualités intellectuelles de l'Angleterre ; les Français ne savaient rien ou presque rien de notre littérature, de notre philosophie, de notre science. Les Lettres ouvrirent une nouvelle ère : « Cet ouvrage, dit Gondorcet, fut parmi nous l'époque d'une révolution ; il commença à y faire naître le goût de la philosophie et de la littérature anglaise, à nous intéresser aux mœurs, à la politique, aux connaissances commerciales de ce peuple : à répandre sa langue parmi

nous*. »

Les premières éditions françaises parurent en 1 784, mais deux éditions anglaises avaient déjà été publiées l'année précédente, l'une imprimée à Londres et l'autre à Dublin.

Cependant l'étude et la composition n'épuisaient pas l'infatigable énergie de Voltaire. D'après Duvernet, il essaya d'ouvrir à Londres un théâtre français permanent et, dans ce but, il fit venir de Paris une troupe d'acteurs ; mais son projet reçut si peu d'encouragements qu'il fut forcé de l'abandonner et de renvoyer la troupe à Paris presque immédiatement ^

1. L'Eglise et les Philosophes au xyiii^ siècle, p. ii4, et ef. les remarques de la page 11 3.

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