Lettres philosophiques, WH
lOO VOLTAIRE EN ANGLETERRE
demment inspirée par le récit de la mort de Partridge par Swift. Voltaire, d'autre part, fut le premier critique qui attira l'attention sur les qualités particulières des vers de Swift*. Les goûts de Voltaire s'étaient tellement anglicisés qu'il disait préférer les Memoirs de l'évêque Burnet aux Mémoires écrits par ses compatriotes. « Peut-être, observait-il, ontils surpassé leurs maîtres ; leurs sermons sont moins compassés, moins affectés, moins déclamateurs qu'en France^. »
Il était très au courant des poèmes et des tragédies de Thomson, comme le montre une lettre très intéressante adressée à George Lord Lyttelton ^.
« J'ai connu, ditVoltaire, dans cette lettre, écrite en anglais et datée de Paris, 17 mai 1760 (N. S.) M. Thomson pendant mon séjour en Angleterre. J'ai découvert chez lui beaucoup de talent et une grande simplicité. J'aimais en lui le poète et le véritable philosophe, c'est-à-dire l'ami de l'humanité.
« Je pense que sans une bonne provision de cette philosophie, un poète est tout juste au-dessus d'un violoniste qui amuse nos oreilles et ne peut pénétrer jusqu'à notre âme. Je ne suis pas surpris que votre
1. Ibid., XXII, cf. également Lettres à S. A.M. le Prince, Mélanges, V, ^89.