Œuvres, vol. VII, p. i
3. Cf. en ce qui concerne la fréquence des suicides en Angleterre, Pensées diverses. Œuvres, VII, 467. L'Esprit des Lois, XIV, chap, xir, xiii. Défense de l'Esprit des Lois, Œuvres, vol. VI, p.
l30 MONTESQUIEU EN ANGLETERRE
Il ne semble avoir pris aucun intérêt à la vie et aux mœurs du peuple mais il étudia avee beaucoup d'attention Taristocratie et la classe moyenne.
Il remarque la grossière sensualité qui régnait partout. « 11 faut, dit-il, à l'Anglais un bon dîner, une fille et de l'aisance, comme il n'est pas rendu et qu'il est borné à cela, dès que sa fortune se délabre et qu'il ne peut plus avoir cela, il se tue ou se fait voleur ^ Le peuple de Londres mange beaucoup de viande, cela le rend très robuste mais à l'âge de quarante ou quarante-cinq ans il crève. »
Il trouva chez nous une corruption universelle. « La corruption s'est mise dans toutes les conditions. » (( Le pouvoir souverain, écrit-il, est ici l'or, l'honneur et la vertu sont tenus en médiocre estime. Les Anglais sont un peuple libre mais ils ne sont plus dignes de leur liberté ; ils la vendent au roi et si le roi la leur redonnait, ils la lui vendraient à nouveau. Chaque vote est à vendre, plusieurs députés écossais se contentent de toucher € 200 par an pour prix de leur appui au gouvernement^. » Il cite avec mépris l'histoire d'un Anglais qui avait donné cent guinées, à la condition que pour chaque guinée qu'il avait donnée il en recevrait dix chaque fois qu'il monterait sur la scène.
« Il ne semble, ajoute-il, qu'il se fait bien des actions extraordinaires en Angleterre, mais elles se font