‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 51 sur 103 · I. Notes, Œuvres, vol. VII, p · texte numérisé non relu

I. Notes, Œuvres, vol. VII, p

a. Ibid., vol. VII, p. 290.

MONTESQUIEU EN ANGLETERRE l3l

toutes pour gagner de l'argent * ; les actions extraordinaires en France, c'est pour dépenser de l'argent.

« Si j'étais né en Angleterre, je ne me serais jamais consolé de n'avoir pas fait fortune en France. Je n'ai pas de pareil regret. » « Il n'y a pas seulement d'honneur et de vertu ici, il n'y en a même pas seulement d'idée... »

« Je ne juge pas l'Angleterre par ces hommes mais je juge de l'Angleterre par l'approbation qu'elle leur donne et si ces hommes étaient regardés comme ils le seraient en France, ils n'auraient jamais osé faire cela^. »

Il insiste particulièrement sur la froideur et la réserve des Anglais et l'impossibilité de s'en faire des amis. « C'est une chose lamentable, dit-il, que d'entendre les plaintes des étrangers, surtout des Français qui sont à Londres. Ils disent qu'ils ne peuvent s'y faire un ami, que plus longtemps ils y restent, moins ils en ont, que leurs politesses sont reçues comme des injures. Comment d'ailleurs, les Anglais aimeraientils les étrangers, ils ne s'aiment pas eux-mêmes ? comment nous donneraient-ils à dîner, ils ne se donnent pas à dîner entre eux? Mais on vient dans un pays pour y être aimé et honoré. Cela n'est pas une chose nécessaire. Il faut donc faire comme eux, vivre pour soi-même, ne se servir de personne, n'ai-

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