Ibid., livre XII, chap. xiii
l34 MONTESQUIEU EN ANGLETERRE
sions, on Iroiivail un fonds solide et inébranlable de bon sens pratique.
u Gomme on voit le diable dans les papiers périodiques, dit-il, on croit que le peuple va se révolter demain, il faut simplement se mettre dans l'esprit qu'en Angleterre comme ailleurs le peuple est mécontent des ministres et que le peuple y écrit ce que Ton pense ailleurs ^ » « Quand un homme en Angleterre aurait autant d'ennemis que de cheveux sur la tête, il ne lui arriverait rien. » Il remarque, en comparant la liberté et l'égaUté qui existaient à Londres et la liberté et l'égalité qui existaient à Venise et en Hollande qu'à Londres régnent la liberté et l'égalité des honnêtes gens, tandis qu'ailleurs ce sont celles des libertins et de la canaille ^
Oubliant sans doute les revenus que lui rapportaient ses propres vignobles, il semble avoir éprouvé quelque mépris pour l'esprit mercantile qui s'étendait même à l'aristocratie et il estime que la coutume d'autoriser la noblesse à se livrer au commerce est une des choses qui ont le plus contribué à affaiblir la monarchie^. »
« Si j'étais né en Angleterre, dit-il, je ne me consolerais pas de ne pas y avoir fait fortune ; en France cela ne me gêne nullement*. »
Il donne un tableau très peu flatté des jeunes nobles