Pensées diverses, Œuvres, VII, i
MONTESQUIEU EN ANGLETERRE l35
anglais. « Ils peuvent être divisés, dit-il, en deux classes : Les uns savent beaucoup parce qu'ils ont été longtemps dans les universités ce qui leur a donné un air gêné, avec une mauvaise honte ; les autres ne savent absolument rien*. » Il ne fut évidemment pas attiré par les femmes anglaises qu'il trouvait moins sympathiques que les hommes. Elles s'imaginent, dit-il, qu'un étranger qui leur adresse la pa oie veut les insulter. « Je ne veux point, disent-elles, lui donner d'encouragement ^ » Il ne se créa guère d'amies dans la société féminine et dans sa correspondance postérieure, bien qu'il parle souvent des relations qu'il s'était faites en Angleterre, il ne mentioime jamais, si mes souvenirs sont exacts, aucune dame.
Il parle d'une façon très défavorable de l'état de la religion en Angleterre et confirme exacîement ce que ditl'évêque Butler dans la préface de V Analogy. « Il n'y a, écrit-il, dans ses Notes', point de religion en Angleterre, quatre ou cinq de la Chambre des communes vont à la messe ou au sermon de la Chambre excepté dans les grandes occasions où on arrive de bonne heure. Si quelqu'un parle de religion, tout le monde se met à rire. L'expression « article de foi » semble ridicule. »
Il fait allusion à la commission qui avait été formée quelque temps auparavant pour faire une enquête sur