‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 59 sur 103 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

par Sandys et soutenu par l'opposition tout entière frappait à la racine de cette corruption dont le maintien de la majorité de Walpole dépendait en grande partie. Ce projet proposait d'interdire aux titulaires de pensions temporaires ou permanentes et à ceux qui occupaient des fonctions dépendant de la couronne, de siéger au Parlement et en outre d'exiger de chaque membre de la Chambre des Communes individuellement l'affirmation sous serment qu'il était indépendant de la couronne*.

Le roi trouva ce bill odieux et déclara qu'il était bon à jeter au panier, il en fut aussi indigné que Walpole fut embarrassé^. Ce dernier cependant sut parer l'attaque de ses adversaires. Comme il savait quel parti pourrait être tiré auprès du peuple d'une mesure dirigée contre la corruption — car ce sont deux choses tout à fait différentes que de défendre la corruption et de la pratiquer ou l'utiliser — il la laissa adopter par la Chambre des Communes, persuadé d'avance qu'elle ne serait pas adoptée par les lords. Il rejeta ainsi la responsabilité de l'échec du Pension Bill sur la Chambre des Lords et de cette façon, lui et ses partisans évitèrent la réprobation qu'ils auraient encourue s'ils avaient directement rejeté une mesure aussi manifestement destinée à protéger la moralité politique.

On ne voit pas très clairement si les notes de Mon-

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