‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 6 sur 103 · Gentleman's Magazine, novembre · texte numérisé non relu

Gentleman's Magazine, novembre

« Je suis ici, écrit-il dans une de ses lettres, citée par Voltaire dans ses remarques sur Pascal, tel que vous m'avez laissé, ni plus heureux ni plus triste, ni plus riche ni plus pauvre, jouissant d'une parfaite santé, possédant tout ce qui rend la vie agréable, sans amour, sans avarice, sans ambition et sans envie cl aussi longtemps que cela durera je me considérerai comme un homme très heureux*. »

Il est difficile de savoir jusqu'à quel point Voltaire connaissait la langue anglaise à son arrivée à Greenwich. 11 ne semble pas qu'il se soit livré à l'étude de cette langue avant sa retraite forcée à la Bastille à la suite de la bastonnade du chevalier de Rohan, en février 1726. Dans ce cas, tout ce qu'il connaissait de notre langue était ce qu'il avait appris en trois mois environ. Ses progrès doivent avoir été extraordinai rement rapides car non seulement il s'était fait comprendre à la foire de Greenwich mais encore le jour suivant, au café, il s'était mêlé familièrement aux consommateurs. Il est possible cependant que dans ces diverses occasions, la conversation ait eu lieu dans sa langue naturelle.

A cette époque, comme à la nôtre, de nombreux Français étaient établis en Angleterre. Ils avaient leurs propres églises, leurs propres cafés, dont le principal était le « Rainbow » dans Mar^lebone, et il y avait à Wandsworth toute une colonie française. Alors, comme aujourd'hui, la plupart des

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