‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 71 sur 103 · I. Hardy, Life of Charlemont (éd. 1810), vol. I, p · texte numérisé non relu

I. Hardy, Life of Charlemont (éd. 1810), vol. I, p

MONTESQUIEU E?î ANGLETERRE 1 63

Il se décida, après son retour en France, à remanier les jardins de La Brède sur le modèle de Kent et il ne laissa pas de repos à son intendant Leveillé que les travaux ne fussent terminés. Il parle plus d'une fois dans sa correspondance de la joie qu'il ressentit à voir sa propriété transformée d'une façon si charmante. « J'attends avec impatience le moment où je pourrai vous montrer ma propriété, dit-il à Charlemont, j'ai essayé de l'arranger suivant le goût anglais et de la planter et de l'orner à la manière anglaise ^ » Dans une autre occasion, en décrivant sa propriété à l'un de ses amis, il prend bien soin d'ajouter qu'il l'avait arrangée d'une façon « dont j'ai pris l'idée en Angleterre ».

La date exacte du départ de Montesquieu est impossible à fixer. M. Edgar Zevort dit qu'il eut lieu en avril 1781 mais son assertion semble ne reposer sur aucun fondement. Il était certainement à La Brède le 10 août 1701, ainsi que le montre sa correspondance. Le dernier événement dont on puisse fixer la date est sa présentation à la Cour le 5 octobre 1780. Mais la tradition s'accorde à attribuer à son séjour une durée plus longue. D'Alembert, dans son Éloge, dit que Montesquieu resta en Angleterre pendant trois ans, l'auteur de l'article de la Biographie Universelle donne trois ans, il en est de même de J.-J. Rutledge dans son Éloge de Montesquieu-. Dans l'Éloge écrit

r. Hardy, Life of Charlemont, vol. I, p. 63. 2. Eloge ue Montesquieu, p. 17.

par son fils, il est dit que son séjour dura « près de deux ans* ». Les dates indiquées par MM. Vian"*, Sorel et autres — ■ de novembre 1729 à avril lySi et d'octobre 1729 à août 1731 — étant de pure conjecture ne nous sont d'aucune utilité. En nous basant sur la tradition et les probabilités, nous pouvons présumer qu'il quitta l'Angleterre en 1731, pendant le printemps ou pendant l'été, et comme il était arrivé le 23 octobre 1729, son séjour a donc dû durer environ deux ans, ainsi que l'a indiqué son fils.

Il garda jusqu'à la fin de sa vie un très agréable souvenir de sa visite en Angleterre et il a dit, à plusieurs reprises, qu'il y avait passé les jours les plus heureux de son existence. Lorsque, bien des années après, Charlemontalla le voira La Brède, il le trouva plein des souvenirs de son séjour en Angleterre. La politesse était sans doute toutefois pour quelque chose dans l'enthousiasme avec lequel il en parla. « J'ai été moi-même voyageur, dit-il, et j'ai vu le pays qui est le plus digne du monde de notre curiosité, je veux parler de l'Angleterre », et il ajouta: « Il n'est pas de pays sous le ciel qui produise autant de grands hommes et de brillants esprits ^. »

Cependant, sa correspondance atteste la sincérité de ses sentiments. « Combien je voudrais, écrivait-il à son ami Cerati, pouvoir visiter de nouveau Londres avec vous. » « Plus vous resterez à Londres, plus vous

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