Hardy, Life of Charlemont, vol. I, p
MONTESQUIEU EN ANGLETERRE l65
y recevrez d'attentions », disait-il à un autre ami. Cette phrase était, il faut l'avouer, un peu difficile à concilier avec ce qu'il avait écrit dans ses A'oZe^ 5/zr V Angleterre. Il resta en relations étroites avec ses amis anglais pendant le reste de sa vie. Il écrivait régulièrement à Folkes et il lui proposa d'échanger entre eux des exemplaires des meilleurs livres publiés en Angleterre et en France, en ajoutant poliment « il est bien certain que la marchandise angloise vaudra mieux que la Françoise * ».
Douze ans environ après avoir quitté l'Angleterre il soumit à la Royal Society, par l'intermédiaire de Folkes, un intéressant travail intitulé Les pierres de forme régulière trouvées près de Bagnères en Gascogne^ Il correspondit avec Hume qui lui envoya son Treatise on Human Nature, qu'il lut, dit-il, avec délices. Il échangea des lettres avec Warburton, dont la Dissertation on Julian Favait « enchanté » — au sujet des œuvres posthumes de Bolingbroke, et sa lettre à Warburton sur la distinction entre les attaques contre la religion naturelle et les attaques contre la religion révélée, présente un intérêt particulier^. Quand sa vue commença à baisser et qu'il eut, ainsi qu'il nous le dit lui-même, oublié presque tout l'anglais qu'il savait, il prit un secrétaire anglais
1. Lettres f am. ; Œuvres (edit. Laboulaye), vol. VU, p. 260.
2. Publié dans les Philosophie Transactions of the Royal Society, XIIII, 26, 3^ ; mais non dans les Œuvres de Montesquieu.