‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 8 sur 103 · Voir la lettre de Pope à Caryl, en date du 25 décembre · texte numérisé non relu

Voir la lettre de Pope à Caryl, en date du 25 décembre

être est-il préférable de laisser la parole à chacun de ces auteurs successivement.

« Mr Pope, écrit Owen Ruffhead, raconta à l'un de ses amis intimes que le poète Voltaire lui avait été recommandé lorsqu'il vint en Angleterre et qu'il le vit pour la première fois à Twickenham où il le retint à dîner. Mrs Pope, qui était une excellente femme, vivait encore à cette époque ; ayant remarqué que cet étranger, qui semblait n'avoir que la peau et les os, avait un mauvais estomac, elle le plaignit de son manque d'appétit. Voltaire, là-dessus, lui donna des détails si grossiers et si répugnants sur la façon dont il avait contracté, en Italie, sa maladie d'estomac que la pauvre dame fut obligée de quitter la table. Lorsque M. Pope raconta cet incident à son ami, celui-ci lui demanda comment il avait pu se retenir de donner l'ordre à son domestique de prendre Voltaire par les épaules et de le mettre à la porte. Pope répondit qu'il fallait attribuer la conduite de Voltaire à son ignorance des mœurs anglaises plutôt qu'à son intention préméditée de commettre une impolitesse ; que Voltaire était venu en Angleterre comme c'est le cas de beaucoup d'étrangers, avec la conviction qu'il n'y avait plus chez nous ni religion ni aucune décence dans les mœurs '. »

Voici maintenant la relation de Goldsmith : « M. Voltaire a souvent dit à ses amis combien il avait successivement éprouvé de sentiments con-

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