‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 80 sur 103 · Life and Letters of Lady Sarah Lennox, vol. I, p · texte numérisé non relu

Life and Letters of Lady Sarah Lennox, vol. I, p

C'est alors que commencèrent les ennuis que Horace Walpole avait prédits à Hume\ Ce dernier s'était chargé d'assurer l'existence et le confort d'un homme sur lequel tous les yeux en Europe étaient tournés, mais qui prenait un malin plaisir, non seulement à rendre inutiles toutes les démarches qui pouvaient être faites en sa faveur, mais encore à se rendre lui-même ridicule et à rendre ses amis ridicules. Dans sa vanité démesurée, qui tournait à la monomanie, il affectait de mépriser le genre de vie que mènent généralement les hommes qui jouissent d'un certain renom et d'une certaine réputation et il bravait l'opinion par le contraste voulu entre son talent et la pauvreté et la misère dans lesquelles il vivait. S'il avait habité dans Saint-James et vécu de la même manière que son ami Hume, cela ne lui aurait fait aucun plaisir de voir tout le monde à Londres courir après lui, mais il était tout à fait à son goût que tout le monde vînt le voir dans les deux chambres misérables qu'il occupait avec son chien et sa maîtresse dans une ferme de Chiswich.

Hume était d'abord entré en pourparlers avec un jardinier de Fulham et le logement qu'on lui offrait aurait satisfait Diogène lui-même. C'était une misé-

I. Lettre à Lady Harvey. Correspondence (edit. Cunningham), vol. IV, p. 453.

rable cabane où il n'y avait qu'une chambre libre, contenant deux lits dont l'un était occupé par un malade \ Cela aurait fait une installation suffisamment pittoresque mais ne pouvait pas faire l'affaire, car Thérèse devait arriver de Paris quelques jours plus tard.

Ce fut alors qu'on chercha du côté de Chiswich, on trouva une ferme où l'exilé s'installa et où il fut tranquille pendant quelque temps. Il y fut rejoint par Thérèse qui eut l'honneur d'être accompagnée de Paris à Londres par Bos well, expédition dont Boswelleut bien soin de ne pas se vanter à son ami Johnson.

Dans une lettre à Mme de Boufflers, datée de Londres, 19 janvier 1766, Hume donne d'intéressants détails sur cette femme et sur les difficultés que suscita son arrivée'.

a Cette femme est le principal obstacle à son établissement. Notre compagnon. M. de Luze. dit qu'elle passe pour méchante et tatillonne et qu'on l'accuse d'être la cause de son départ de Neuchàtel. Il reconnaît lui-même qu'elle est ignorante au point de ne savoir jamais dans quelle année, ni dans quel mois et quel jour du mois ou de la semaine elle se trouve et d'être incapable de distinguer entre elles les différentes pièces de monnaie. Cependant elle le mène absolument comme une nourrice mène un enfant. En son

1. Lettre à Mme de Boufflers, 18 jan\-ier 1766. Correspondance; Œuvres complètes, vol. VIII. p. 63.

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