Letters of Eminent Persons, p. I
2. Burke a exprimé sans ambages ce qu'il pensait de lui : « Nous avions en Angleterre le fondateur et le grand professeur de la philosophie de la vanité. Gomme j'ai eu l'occasion de sa-
qui estimaient qu'il n'avait jamais été plus clairvoyant que lorsqu'il dit, en faisant allusion à ses ouvrages : « Je crains toujours que je pèche par le fond et que tous mes systèmes ne sont que des extravagances )) et plus nombreux encore étaient ceux qui auraient approuvé Topinion exprimée par Johnson, lorsque Boswell lui demanda s'il pensait que Rousseau fût vraiment un méchant homme : « Si vous voulez parler sérieusement, j'estime qu'il est un des pires hommes qui existent, c'est un coquin qui doit être chassé de la société, ainsi qu'il l'a été. Trois ou quatre pays l'ont expulsé et c'est une honte qu'il soit protégé dans le nôtre. » « Je signerais plus volontiers, ajoutait-il; une sentence pour la déportation de Rousseau que pour celle d'aucun criminel qui est sorti de rOld Bailey depuis de longues années ^ »
Mais Johnson, de l'avis des amis de Rousseau, était un bigot, Gray un ermite et Burke lui-même n'était pas un oracle. Il y a dans le Diary de Mme d'Arblay un passage intéressant qui rend compte de l'impression produite par Rousseau sur son royal bienfaiteur.
voir jour par jour ce qu'il faisait, il ne m'a laissé aucun doute sur son absence de principes, dans le domaine moral comme dans le domaine intellectuel et il m'a convaincu qu'il n'avait que de la vanité. Ce défaut était si prononcé chez lui qu'il confinait à la folie. » Letter to a Member of the National Assembly, Works (edit. Bohn), vol. II, p. 536. Burke connaissait les œuvres de Rousseau bien avant de faire la connaissance de l'auteur. Son opinion sur ses ouvrages se trouve exprimée dans V Annual Register, 1762, p. 227.