I. Boswell. Johnson, édit. Croker, i85i, p
« Mrs Delany a raconté plusieurs histoires qui lui étaient revenues aux oreilles, au sujet du séjour de Rousseau en Angleterre... Le roi en raconta d'autres qu'il avait apprises personnellement, d'après lesquelles Rousseau avait fait preuve d'une vanité de sauvage et d'insolente ingratitude... « L'ingratitude, Sire, dis-je, n'est pas son principal défaut. Quand mon père était à Paris, quelque temps après le retour d'Angleterre de Rousseau, il alla le visiter dans sa mansarde et la première chose que Rousseau lui montra fut le portrait de votre Majesté ^ »
Mais revenons à notre sujet. Parmi les amis à qui Hume avait parlé des difTicullés qu'il éprouvait à satisfaire les caprices de Rousseau, se trouvait un certain M. Davenport, riche propriétaire et homme cultivé, qui possédait plusieurs maisons de campagne, entre autres un château qu'il occupait rarement, à Wooton, près d'Ashbourne, dans le Derbyshire. Ce château était situé à seize milles de toute ville et entouré de rocs et de forêts ; il se dressait sur le versant d'une colline élevée qui dominait une lande sauvage et pittoresque et du haut de laquelle on découvrait un immense panorama de montagnes, de bois et de prairies. Le village de Wooton se trouvait un peu plus haut, à un demi-mille environ du village d'Ellaston. Ce site ne pouvait guère offrir d'attractions qu'à ceux qui aimaient la nature et la solitude, car quelques fermes disséminées, un petit hameau et