‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 86 sur 103 · Lettres inédites, par Streckeisen-Moulton , p · texte numérisé non relu

Lettres inédites, par Streckeisen-Moulton , p

dans la St-James's Chronicle, et deux jours plus tard une traduction de cette lettre parut dans la British Chronicle et la London Chronicle.

Rousseau fut furieux. Il écrivit immédiatement au directeur de la St-James's Chronicle pour se plaindre de l'insulte faite au roi de Prusse aussi bien qu'à lui-même, en faisant remarquer que le fait d'avoir inséré la lettre avec la signature de Frédéric était se rendre complice d'un faux, car, ajoutait-il, cette lettre avait été fabriquée à Paris. « Ce qui navre et déchire mon cœur, disait-il encore, l'imposteur a des complices en Angleterre * . »

La lettre de Rousseau parut le lo accompagnée d'une note de la Rédaction, qui disait :

« L'imposture en question était bien innocente et nous ne supposons pas qu'elle ait trompé beaucoup de lecteurs ; on nous dit que ce fut un jeu d'esprit dont l'auteur est un Anglais qui est en ce moment à Paris et qui est bien connu parmi les écrivains aristocratiques. »

Dans le même journal fut publiée une lettre à Rousseau, soi-disant écrite en français par un quaker qui signait : « Q. A. »

« Ne t'effarouche pas une bagatelle ; tu es ici dans un pays de liberté ; la liberté a ses inconvénients, comme vous voyez, elle s'émancipe parfois avec des caractères plus respectables que la tienne;... ainsi tes termes de « navre » et « déchire » sont un peu trop forts » (^sic).

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