I. Correspondance. Œuvres completes, vol. VIII, p
Dans le numéro du 3 mai, il trouva un défenseur :
« Laissez- moi recommander, dit l'auteur de l'article, à mes confrères gratte-papier de se contenter de se taquiner entre eux. Le Philosophe est trop audessus de nous ; laissons-le tranquille dans sa retraite du Derbyshire. Il produira peut-être une œuvre dont l'honneur rejaillira sur le pays dans lequel il vit, et le fait d'avoir adopté un Rousseau nous justifiera jusqu'à un certain point devant la postérité de notre propre pénurie de mérite littéraire V »
Rousseau était certain, dès lors, que ses soupçons à propos de Hume étaient justifiés. Hume était Tami de Walpole qui avait mis la lettre en circulation, de d'Alembert qui l'avait écrite, des directeurs de journaux qui l'avaient publiée.
Il exposa ses griefs contre son perfide ami dans ses lettres à Mme de Roufflers, à son cousin F. -H. Rousseau, à Peyron, à Malesherbes et à d'autres correspondants'. Il disait qu'il regardait AValpole comme l'agent secret de trois ou quatre personnes qui avaient
1. « J'yreconnois à l'instant le style de M. d'Alembert... mon ennemi d'autant plus dangereux qu'il a soin de cacher sa haine ». Lettre à Malesherbes, lo mai 1766. Il n'avait pas lu apparemment la note de la St James's Chronicle, ou peut-être n'avait-il pas compris l'allusion contenue dans cette note. Il dit plus tard dans sa lettre à Hume qu'il était sans importance que la lettre fût de la composition de d'Alembert ou de celle de son prêtenom Walpole.
2. Cf. sa correspondance du 9 avril au 22 mai et la Lettre à Hume datée du 10 juillet.
formé un complot contre lui, complot dont il ne pouvait comprendre la raison « mais dont, ajoutait-il, je vois et sens Texécution successive de jour en jour ». Ces personnes étaient : Hume, d'Alembert, Voltaire et Tronchin. A la même époque une autre insertion dans les journaux anglais, insertion dont il rendait Hume responsable \ augmenta son irritation. Depuis la controverse qui avait eu lieu au sujet des représentations théâtrales à Genève, Voltaire avait toujours fait preuve envers lui d'une implacable hostilité. La Guerre civile de Genève et V Ingénu, il est vrai, n'avaient pas encore paru et Rousseau semble n'avoir jamais su que Voltaire était l'auteur des Sentiments des Citoyens', en 1761 cependant parurent, sous le nom du marquis de Ximenès, les Lettres sur la Nouvelle Héloïse et en 1766 la cruelle Lettre au Docteur Pansophe^.
Aussitôt après la publication de cette lettre, les passages les plus cinglants furent traduits et, suivant Rousseau, corsés dans la traduction, et ils parurent