‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 91 sur 103 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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dans laquelle Voltaire profita de l'occasion d'exprimer sa propre opinion sur a le plus méchant coquin qui ait déshonoré la littérature* ». La publication de la brochure de Hume amena celle d'une relation écrite par Walpole et intitulée : A Narrative of ivhat passed relative to the Quarrel of Mr David Hume and J.- J. Rousseau as far as Mr Horace Walpole was concerned in it.

Mais cette brochure, en dehors des nouveaux reproches que Walpole adresse à Rousseau et de l'ennui dont il fait preuve d'avoir été mêlé à des hommes de lettres, ofl're peu d'intérêt. Si la conduite de Rousseau fut généralement blâmée, il ne manqua pas de défenseurs. Son compatriote Fuseli descendit dans l'arène avec une brochure violente et mal écrite dans laquelle il défendait Rousseau contre ce qu'il appelle les « aspersions de Mr Hume et M. Voltaire' ». Un membre du clergé de l'église établie, assez connu dans les cercles libéraux, le Dr Ralph Heatheote, se fit aussi, bien qu'avec quelques réserves, l'apologiste de Rousseau^. En France, la querelle de Hume et de Rousseau donna naissance à de nombreuses publications, non

1. Cf. Lettre à Hume, 24 octobre 1766, et Lettre à Darnaville, datée du 3 novembre 1766.

2. A Defence of M. Rousseau against the aspersions of Mr Hume, Monsieur Voltaire, and their Associates. De longs extraits de cette brochure parurent au mois de novembre, à la fois dans la St James's Chronicle et la London Chronicle. Cf. également Rnowles, Life of Fuseli, vol. I, 44-45 .

3. A Letter to the Honourable Horace Walpole concerning the Dispute between M. Hume and M. Rousseau.

seulement à cause de l'intérêt que l'on avait pour Rousseau personnellement mais aussi à cause des conséquences qu'entraînerait sa défaite ou sa justification*.

Rousseau ne manquait pas non plus de partisans dans la Presse. Dans une lettre publiée dans la St James's Chronicle du 27 novembre et signée « An Orthodox Hospitable Old Englishman », il est parlé en termes très sévères de la conduite de Horace Walpole ; en voici la conclusion — « M. Rousseau est un étranger persécuté et malheureux. Je ne le connais pas, pas plus que Hume ou Horace Walpole, mais un sentiment d'humanité me fait souhaiter que le pauvre Rousseau ne soit pas tracassé ici et qu'on le laisse tranquille autant que possible. »

En décembre, deux autres correspondants prirent fait et cause pour Rousseau. L'un disait qu'il était fort ému par la situation de Rousseau ; ce malheureux philosophe était venu dans notre pays pour se soustraire à la malveillance à laquelle il avait été en butte dans son propre pays mais il n'y avait été accueilli que par des injures et des reproches indignes de « gentlemen » anglaise Dans le « coin des poètes » du même journal^, un auteur adressa à Rousseau l'exhortation suivante :

1. La meilleure publication en faveur de Rousseau fut le Précis pour M. Jean-Jacques RousseaUy en réponse à l'Exposé succinct de M. Hume. L'auteur était anonyme.

2. Gf les lettres en question. St James's Chronicle, 11 et i3 décembre.

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