‹ Voltaire, Montesquieu et Rousseau en AngleterreChapitre 96 sur 103 · Lettre à Dutens. Œuvres completes, vol. YIII, p · texte numérisé non relu

Lettre à Dutens. Œuvres completes, vol. YIII, p

ROUSSEAU EN AJÎGLETERRE 233

répondre à certaines questions que Rousseau lui avait posées. A quel propos? nous ne le savons pas, il semble que ce fut à propos d'impertinences commises envers lui par les domestiques. « J'aimerais mieux, écrivait Rousseau à Dutens quelques temps après, me mettre à la merci de tous les diables de l'enfer qu'à celle de domestiques anglais. » La scène changea alors complètement. La négligence de M. Davenport lui attira une lettre furieuse de Rousseau, dans laquelle ce dernier lui déclarait qu'il voulait savoir quelle était sa situation à Wooton et le menaçait de quitter immédiatement la maison s'il ne répondait pas sur-le-champ*.

Cette lettre était d'autant plus impolie que Rousseau rappelait à son hôte qu'il ne lui avait pas demandé son hospitalité et qu'en fait on l'avait forcé de l'accepter. M. Davenport envoya, Semble-t-il, une réponse satisfaisante, car la tempête se calma et au printemps de 1767 le philosophe était encore à Wooton, toujours en bons termes avec son hôte et jouissant d'une existence oisive et contemplative qu'il trouvait de plus en plus agréable^.

En mars, à la grande surprise du général Conway, il fit rappeler à ce dernier, par l'intermédiaire de M. Davenport, la pension qui lui avait été promise.

Hume eut, en cette circonstance, une attitude très généreuse car la requête qu'il était nécessaire de pré-

1. Lettre à Davenport, 22 décembre 1766. Œuvres complhtes, vol. VIII, p. 160.

Page 1