Lettre à Davenport. Œuvres complètes, vol. VIII, p
i" mai, il partit avec Tlicrèse sans dire un mot à personne, en laissant ses malles avec les clefs sur la serrure, et en abandonnant une somme de €2o࣠3o qui était entre les mains de M. Davenport, sans laisser aucune instruction au sujet des malles et de l'argent et sans laisser d'adresse.
M. Davenport, très surpris de cette façon d'agir, ne savait que faire. Supposant cependant que Rousseau était allé à Londres, il lui envoya des papiers à une adresse qu'il avait dans celte ville mais il devint encore plus perplexe lorsqu'il apprit qu'on n'avait eu aucune nouvelle de lui. Plus de quinze jours se passèrent sans qu'on put découvrir ce qu'étaient devenus les fugitifs. La London Chronicle annonça la fuite de Rousseau de Wooton et suggéra que, étant donné qu'on savait qu'il avait pris la route de Londres, il était probablement caché à Londres ou aux environs, on blâmait sévèrement, en même temps, dans cet article, son ingratitude à l'égard de ses amis anglais*. Enfin, le 17 mai, M. Davenport reçut une lettre de lui datée du 1 1 mai ^ et écrite de Spalding, Lincolnshire, dans laquelle il s'excusait de la façon dont il avait quitté Wooton et déclarait qu'il était prêt à y retourner si M. Davenport voulait bien le recevoir et faciliter son retour.
« Je préférais, disait-il, être libre que d'habiter votre demeure. Mais je préfère infiniment la résidence