‹ Voltaire mourantChapitre 13 sur 33 · L'ANTI-BIGOT · texte numérisé non relu

L'ANTI-BIGOT

ou LE l'AUX-DÉVOTIEUX

Puisque VEstre éternel est éternellement très heureux, et parfait en toute suffisance, (juil est la bonté niesnie, et sage infiniment sur tout ce quen conçoit l'humaine intelligence,

Le Superstitieux est-il pas insensé de se le figurer constant^ et variable, embrazé de vangeance, et d'un rien offensé, ennemy des tyrans, et plus queux redoutable .

L' est-il pas de recJief de se l'imaginer de tout cet Univers la guide souveraine^ et croire ensemblement quil se laisse mener selon les passions, et la nature humaine.

Guidé de mes/ne esprit est-il pas effronté d'exalter son amour? et puis tout au contraire le dépeindre envers nous de pire volonté qu'un barbare à l'endroit de son pire adversaire.

Les deux premiers quatrains ont été reproduits par le P. Mersenne.

3. Est-il pas insensé de penser et de s'imaginer qu'il est le souverain gouverneur de ce monde, et néantmoins qu'il se laisse conduire selon nos passions humaines.

/i- Est-il pas effronté d'exalter son amour et puis de le dépeindre pire envers nous que n'est un barbare envers son pire ennemy?

Si luy ne voudrait pas engendrer des eiifans s'il pens oit que leur fin deust estre misérable, Dieu de qui la honte se voit à tous nioniens pourroit-il aux Inunains se nions trer dissemblable ?

L'Eternel nous estant infiniment meilleur que n'est à ses en fans une soigneuse mere^ nous peut-il imposer un infiny malheur pour le contentement d'une feinte colère?

Si le Bigot ne peut voir son pire ennemy souffrir durant un mois un extrême supplice^ comment veut-il que Dieu du supplice infiny de l'œuvre de ses mains repaisse sa Justice?

■j. Et quoy ? il ne voudroit pas engendrer des enfans, s'il croyoit qu'ils deussent estre misérables, comment est-ce que Dieu qui est infiniment bon, pourroit nous mettre au monde s il sçavoit que nous deussions estre perdus ?

6. Il est certain que Dieu nous ayme beaucoup plus, et nous est meilleur que la meilleure mère du monde à ses enfans, et par conséquent il ne nous peut imposer un malheur infiny pour satisfaire une colère feinte.

7. Puis que le Bigot ne voudroit, ny ne pourroil voir ses pires ennemis au milieu d'un extrême supplice durant un mois, comment est-il possible qu'il veuille que Dieu repaisse sa justice chastiant l'œuvre de ses mains d'un supplice infiny ?

Car sa Justice estant sa pire volonté et son divin amour toute une inesme chose, sçauroit-on proposer à nostre infirinité un appuy autre part oii mieux elle repose ?

Et quant à sa bonté qui s'en pourroit servir d'exemple à l'imiter pour aux ennemis rendre le bienfait pour le mal, si nous devons tenir cpoe d'elle en cet endroit il ne faut rien attendre.

lO

Tout Sage pour r oit-il inspirer les humains à se rendre envers tous au besoin secourables, et monstrer quant à luy que les plus inhumains en nulle cruauté ne luy sont comparables ?

I j Estant tout juste et bon^ nous peut-il commander d'aymer nos ennemis, et les hayr lui-mesme ? chétifs les pourrons-nous en leur misère ayder, et luy les voir souffrir une immortelle peine ?

8. Nostre inlirmité peut-elle trouver un appuy autre part, où elle se repose mieux que sur la justice divine, puis qu'elle est une mesnie chose avec sa volonté, et son divin amour ?

9- Si nous pensons qu'il ne faut rien attendre de la bonté divine, comment nous en pouvons-nous servir d'exemple pour rendre le bien pour le mal à nos ennemis ?

10. Dieu pourroit-il nous inspirer de donner secours à tout le monde, s'il estoit plus cruel que nul autre ?

11. Peut-il nous commander d'aymer nos ennemis, s'il les hayt luymesme veu qu'il est tout juste, et tout bon; quelle apparence que nous les puissions ayder en leur misère, s'il les voit souffrir une peine immortelle ?

Se peut-il concevoir un infini) tourment pour plaire à V Eternel, et contenter son ire, sans le présupposer cinicl infiniment, et pire en nostre endroit que des tyrans le pire ?

i3 Encor si le Bigot Vestimoit comme luy capable d'assouvir une extrême vengeance, d'un tourment limité il ny auroit celuy qui enfin n'eœcusast une telle ignorance.

i4 3fais de vouloir que Dieu punisse infiniment l'Homme par ses défauts sur peine d'injustice, est-ce pas accuser calomnieusement VEternelle bonté d'éternelle malice?

J.5 Ne luy sert d'alléguer pour couvrir son erreur que Dieu ne peut quitter sa justice immortelle, et qu'estant infinie la divine fureur ne se peut assouvir d'une peine mortelle.

12. On ne peut pas concevoir un tourment infiny pour contenter l'ire de Dieu, si ce n'est qu'on dit qu'il est infiniment cruel, et qu'il nous traite plus mal que le plus grand tyran du monde.

i3. Si le Bigot se contentoit de l'estimer tel comme luy, c'est-à-dire qu'il assouvist sa vengeance de quelque supplice limité, on pourroit excuser une telle ignorance.

14. Mais de dire que Dieu punit Ihomme dune peine infinie pour ses défauts sur peine d'injustice, c'est accuser la bonté divine d'une malice immortelle.

i3. Je sçay quil respoudra pour s'excuser, que Dieu ne peut quitter

ii4 —

i6 Car bien que sa divine et saincte Majesté soit un estre infiny d'essence invariable, si ne s'ensuit-il pas qu'un meffait limité d'un supplice infiny soit enfin punissable.

Quant à l'objection qu'on fait en cet endroit : que le bonheur des uns ne peut sans la misère des autres subsister., et que Dieu ne sçauroit aymer tous ses enfans, sans estre injuste père,

Est-ce pas concevoir que si Dieu n'est cruel, il ne peut estre juste., et luy vouloir prescrire la façon de régir son Empire actuel et à nos jus^emens sa volonté réduire ?

D'autre part veu qu'en Dieu amour est action Dont luy seul est l'object, et la cause immuable, est-ce pas s'impliquer en contradiction de la croire envers nous mortelle et périssable ?

son éternelle juslice, et qu il faut qu'il assouvisse sa fureur d'une peine immortelle, puisqu'il est infiny.

16. Mais il ne s'ensuit pas qu'un metfait limité doive estre puny d'une peine infinie, bien que sa divine Majesté ait un estre infiny, et invariable.

17. Ils font icy une objection : sçavoir est que le bonheur des uns ne peut estre sans la misère des autres, et que Dieu seroit un père injuste, s'il aymoit tous ses enfans.

18. Mais cela ne se peut dire sans faire Dieu cruel, afin qu'il soit juste; et puis c'est luy prescrire la façon de gouverner le monde.

19. D'abondant puis que l'amour de Dieu est une action, de laquelle il

Si niesnie cet amour ne se peut diviser

en aucune façon de Vininiortelle essence,

pourquoy veut le Bigot la corporaliser

et la rendre sujette à lliuniaine inconstance ?

Est-il pas insensé de croire cpie celuy Dont tout pouvoir dépend soit capable d'offense? que tout sage il ait peu nous armer contre lui/ et pour nous se donner de la peine et souffrance.

Pourroit-il endurer que l'on le surmontast de luy-mesme assisté pour ravir son ouvrage, puis pour le racheter que Von éxécutast contre sa volonté toute sorte de ra£>;e ?

est le seul object, et la cause invariable, est-ce pas s'embroiiiller d'une contradiction de croire que cet amour divin puisse cesser envers nous ?

20. Et quoy, si cet amour ne peut en aucune façon se diviser de l'essence divine, pourquoi est-ce que le Bigot le corporalise, la rendant sujette à l'inconstance humaine ?

21. N'est-il pas insensé lorsqu'il croit que Dieu est capa])le d'offense, puis que tout pouvoir dépend de lui ? et qui! ait peu nous mettre les armes en main contre luy, et qu'il se soit donné de la peine et de la souffrance pour nous, veu qu'il est tout sage ?

22. Pourroit-il donner son assistance pour estre surmonté, et afin qu'on lui ravist son ouvrage, et puis endurer qu'on éxécutast toute sorte de rage contre sa volonté pour racheter le susdit ouvrage ?

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Si Dieu cstoit espris de cette ambition cVostenter contre nous sa force et sa puissance, quel seroit son désir ? quune imperfection^ cette imperfection qu'une pure indigence.

Tout estant par luy-mesme entièrement sousmis à ce divin vouloir, peut-il estre croyable que jamais il ait peu faire des ennemis capables d'empescher ses desseins immuables ?

Si Dieu gouverne tout d'un absolu pouvoir réciproque et pareil à son intelligence^ qui pourroit empescher l'effet de son vouloir et malgré qu'il en eust y faire résistance ?

Est-il quelque pouvoir lequel puisse servir contre celuy auquel tout pouvoir fait hommage ? Dieu m esme pour r oit-il aux hommes s'asservir et régler son vouloir selon leur arbitrage.

23. Si Dieu avoit cette ambition de monstrer sa force, et sa puissance contre nous, son désir ne seroit-il pas une grande imperfection, et une pure indigence ?

24. Peut-il estre croyable qu'il ait peu faire quelques ennemis, lesquels ayent esté capables d'empescher ses desseins immuables, puisqu'il a sousmis toutes choses à sa volonté ?

a5. Si Dieu gouverne toutes choses d'un pouvoir absolu, qui soit égal et réciproque à son intelligence, qui est-ce qui pourroit empescher l'effect de sa volonté malgré qu'il en eust, il n'y auroit pas moyen de lui résister.

26. Y a-t-il quelque pouvoir qui puisse servir contre celuy auquel tout

Si à VEstre infuiij rien ne peut entre osté 71 ij soustrait du ressort de sa toute puissance, comment a-t-il pu perdre et depuis racheté ce (pd jamais ne fut qu'à sa divine essence ?

i>8 Combien cpue le Bigot ne die ouvertement cpi envers ses ennemis il est plus cJ/aritahle que Dieu n'est envers nous^ qui ne voit clairement en ses opinions cette suit te ciécrahle ?

Mais pour luy faire voir par démonstration visible, et fondemens de son escole mesme, qu'au delà du trespas toute punition répugne évidemment à. l'équité suprême.

Jettons-le dans le choir de ces deux questions ou que tous mouvemens fuyent la cognoissance du moteur éternel, ou que les actions de nostre volonté suivent son ordonnance.

pouvoir lait liouimage ; Dieu mesme se pourroit-il assei^vir aux hommes, et prendre leur arbitrage pour règle de son vouloir?

2 7. Si on ne peut rien oster, ny distraire du ressort de la toute puissance de l'estre infiny, comment peut-il avoir perdu, et puis racheté ce qui n'a jamais esté à d'autre qu'à son essence divine ?

28. Bien que le Bigot nose pas dire clairement qu'il est plus charitable envers ses ennemis, que Dieu n'est envers nous, néanlmoins cette conséquence exécrable se tire manifestement de ses opinions.

29. Je lui veux demonstrer par les propres fondemens de son escole, que toute punition cesse après le trespas, et qu'elle répugne à l'équité suprême.

30. Qu'il me responde à cet argument, par lequel je luy donne le choix

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S'il (ht CN premier lieu que cJiacjue mouvement suit le seavoir divin^ avec quelle impudence ose-t-il opposer eontradictoirement son vouloir aua' ohjects de sa toute science ?

Car si quelques ohjects de son divin seavoir,

sont à sa volonté répugnans et adverses,

s'en ensuivra-t-il pas que conoistre et vouloir

luy seront comme à nous clioses du tout diverses ?

Que si tout est essence en la. Divinité et tous ses attributs y ont leurs différences^ serons-nous pas réduits à cette absurdité de confesser en elle autant de subsistances ?

entre ces deux questions : tous mouveraens suivent la cognoissance de Dieu, ou les actions de nostre volonté suivent son ordonnance.

3i. S'il choisit le premier, accordant c{ue tous mouvemens suivent le sçavoir divin , est-il pas impudent d'opposer le vouloir divin aux objects de sa cognoissance, et rendre le vouloir et le sçavoir de Dieu contradictoires ?

32. Car si quelques objects de la science de Dieu sont répugnans à sa volonté, faudra-t-il pas confesser que la cognoissance, et la volonté divine seront diverses, comme sont nostre cognoissance, et nostre volonté ?

33. De plus, si tout ce qui est en l'essence divine est essence, et si ces attributs y gardent leur différence, ne serons-nous pas contraints de confesser autant de subsistances dans l'essence divine, comme il y aura d attributs, ce qui est une grande absurdité !

Dieu estant un pur acte en son éternité qui précède en tout sens les choses temporelles, est-ce pas desnier sa très saincte Unité que de les supposer avant les éternelles ? - -

Si la science ensuit nos contingens effects et ses effects en tenis ont pi^is estre et naissance, ne sera-t-elie pas ainsi/ que ses ohjects temporelle et finie et linj de mesme essence ?

Si en quelques desseins Dieu se peut décevoir, l'issue en arrivant contre son espérance, quel sera son propos ? quun infirme vouloir accompagné d'erreur, de doute, et d'ignorance.

Estimer outre plus que Dieu soit en suspens de ce que nous ferons pour bien ou mcd nous faire, qu'il dépende de nous, et des lieux et du tems, et que de son vouloir on se puisse distraire.

34. Puis que Dieu est un pur acte lequel précède les choses temporelles de toute éternité, celuy-là ne nie-t-il pas sa très simple unité, qui dit que les choses temporelles sont avant les éternelles ?

35. Si son sçavoir suit nos effects contingens, et que ces effects ayant pris leur estre, et leur naissance en temps, la science de Dieu ne serat-elle pas temporelle et finie aussi bien que ses objects, et par conséquent Dieu ne sera-t-il pas de mesme essence ?

36. Si Dieu pouvoit être déceu, et qu'il arrivast contre ce qu'il auroit proposé, son propos et son vouloir seroient infirmes, et accompagnez de doute, d'erreurs et d'ignorance.

37. Il n'y a pas d'apparence que Dieu dépende de nous, et des lieux,

Est-ce pas Le réduire à L'iinbécilLité de celuy qui pensant s unir à la rencontre de ce qu'il espérait, se trouue niesconté par l'accident fatal de quelcpic malencontre ?

Est-ce pas mesurer le souverain a^ent qui fait tout ce quil veut, à l'humaine puissance, comme si quelque objet le rendoit indigent . pour atteindre à la fin de son intelligence ?

Est-ce pas le vouloir à l'homme assujettir^ comme un potier de terre à son débile ouvrage, que l'on voit de son but souvent se divertir bien que prédestiné à quelque bon usage ?

Si en soy V Eternel voit tout présentement ce qui nous est futur, est-il imaginable Qu'il nous ait défendu ce qu infailliblement il sçait par son vouloir nous estre inévitable ?

et du temps pour nous faire bien ou mal, et qu'on se puisse distraire de son vouloir.

38. Autrement ce seroit le réduire à Testât de celuy qui pensant parvenir à ce qu'il espéroit, se trouve mesconté et malheureux.

3g. C'est dire que Dieu soit indigent comme l'homme, et qu'il a besoin de quelque object pour venir à la lin de son intelligence.

40. C'est l'assujettir à l'homme comme le pot au potier, qui se divertit souvent de son but et de l'usage auquel il avoit esté prédestiné.

41. Si Dieu voit tout ce qui est futur, quelle apparence y a-t-il qu'il ait deffendu ce qu'il sçait nous estre inévitable par son vouloir ?

Nous peut-il conimaru/er de faire ce qu'il sçait que nous ne ferons point ? ou par insuffisance retenir son vouloir sur le bien ou mal fait venant de nostre cltoix et pure contingence.

Bref si le inesnie Dieu sçait actuellement Toute cil ose en soy-mesme^ avec quelle ignorance le croirons-nous autheur d'une loy qui dément les effects descoulans de sa préconnaissance ?

Que si des loix du monde il luy plaît se servir pour guider les humains selon sa Providence, pourquoy veut-il celuy aux siennes asservir les autres nations de diverses créances ?

Car puisqu'un mesme Dieu est perc de nous tous qui désirons joidr d'un bien intelligible, que nous peut importer qu'il y guide eux et nous par les divers chemins de ce mo/ide insensible P

42. Quelle apparence y a-t-il qu'il nous commande ce qu'il sçait que nous ne ferons point, ou que par insuffisance il retienne sa volonté sur le bien ou le mal qui vient de nostre choix ?

43. S'il sçait tout, comment peut-il avoir donné une loy laquelle est contre les effects de sa prescience.

44. Si Dieu veut se servir de loix pour nous guider selon sa Providence, pourquoy voulez-vous nous assujettir à vostre religion ?

45. Qu'importe qu'il nous guide tous à un mesme bien intelligible par divers chemins ?

Nous distinguons icy en un certain respect ce que dit simplement est en bonne logicjue une déception : d'autant qu'un mesme effect toujours louable en Dieu peut estre en nous inique.

Car comme nous devons par la diversité des causes, recevons es effects différence, aussy bien voulons-nous fuyr l'Identité afin d'y prévenir l'injuste conséquence.

C'est pourquoy nous disons que les effects divers, lesquels nous condamnons en leur cause procltaine, .servent louablement au bien de l'Univers par leur vouloir divin leur cause souveraine.

Par toutes ces raisons on peut voir clairement que la peur d'un Enfer n'est cpi'une fantasie et faiblesse d'esprit, consécutivement que tout c/iastiment cesse en cette Jnimaine vie.

46. Ce que nous appelions distinction, est dit déception en bonne logique, parce que le mesnie effect qui est louable en Dieu peut-estre inique en nous.

47. Car si les causes produisent des effects différens, il faut en fuyr l'identité, afin que l'injuste conséquence soit prévenue.

48. Par conséquent les différens effects condamnez dans leur cause prochaine, servent au bien de l'Univers selon la volonté de Dieu.

49. De toutes ces raisons il conclud qu'il n'y a point d'enfer, ny aucun chastiment après ceste vie, et que tout cela n'est que fantasie, et foiblesse d'esprit.

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Vie en laquelle ainsi quen ehaque région chacun prend le suimoni du lieu de sa naissance, de niesme le Bigot suit la religion dont il est allaictc dès sa première enfance.

Vie encor oii Von voit que de chaque costé le vulgaire ignorant croit comme indubitable, ce que ses devanciers ont jadis invente avoir esté receu de l'essence ineffable.

Utile invention pour brider les esprits des hommes insolcns qui pervers de nature mettent les magistrats et leurs loi.v a mespris pour vivre à l'abandon sans reigle, ny mesure.

A quoy semblent aussy viser finalement

les merveilleux effects qiion voit au monde naistre.,

dont les Pipeniais ombragent finement

leurs contes fabuleux pour les simples rcpaistre.

5o. Le Bigot suit la religion qu'il a succée àla mamraelle.

5i. Et le vulgaire ignorant croit ce que ses devanciers luy ont dit, avoir esté receu de Dieu.

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