Reproduit textuellement par le P. Mersenne
8j. 8G. 87, 88. Reproduits textuellemenl pai" le P. Mersenne.
,S(i iSe mocqueroU-oii pas de voir iiii iiialfaicteiu^ de juge et de partie entreprenant la charge, de sa propre sentence estre Vcvécuteur, et en représenter L'acte^ et le personnage ?
Avons-nous pas assez de naturels malheurs sans nous en inventer? est-il rien plus inicpie cpue de nous procurer de nouvelles douleurs, ny qui ressente plus une à nie frénétique ?
Si Dieu veut envers nous user de cJiastiment par des esprits malins bourreaux de sa justice, pourquoi/ veulent ceux-cy usurper follement de Dieu Vauthorité, et de ceux-là V office?
Sont-ils pas hors du sens de se feindre et masquer, et de la piété faire une comédie,
de nous masquer Dieu mesme, et entreux se moquer de nostre aveuglement à leur hypocrisie.
Qui est celuy d'entreux qui voulust faire estât (Tun respect controuvé par l'aveugle ignorance, qui du leur envers Dieu plustost ne soffencast, que d'y constituer aucune récompense.
89. Ils sont hors du sens de se feindre la piélé, et d'en faire une comédie, de nous masquer Dieu et de se moquer de nostre aveuglement.
90. Puis qu'ils se moqueroient d'un respect controuvé par les ignorans, pourquoi ferons-nous compte du leur envers Dieu ?
Les yeud' tournez au ciel, et le cœur en tout Ucu^ enflez de vanité ou leur vertu se fonde, sont-ils pas inipudens d'oser parler de Dieu plus irrévérenunent (pie du moindre du monde?
Qu'importe à l'Eternel qu'ils quittent les faveurs desquelles sa bonté leur pi'ésente l'usage, pour en oijsiveté pratiquer les douceurs ou leur propre appétit les porte davantage.
Celuq qui au hancpiet iVun Grand refuserait pour luy estre agréable une viande e.vquise^ que libéralement il luy j)résenteroit, seroit-il à louer d'une telle sottise ?
Qui d'un million d'or nous voudrait étreiner,
pourroit-il envers nous estre court d'une obole?
si d'un règne infiny Dieu nous veut couronner.^
nous peut-il plaindre au pri,v d'une c/iose frivole?
91. Ils louruent les yeux au Ciel enllez do vanité, sur laquelle leur vertu est fondée, et sont si inipudens qu'ils parlent plus irrévéremiuent de Dieu, que du moindre du monde.
92. N'inqDorle pointa Dieu qu'ils quittent les faveurs qu'il leur fait, car ils font cela pour user en oysiveté des douceurs, auxquelles leur appétit les porte davantage.
93. Celuy-là seroit-il loiiable (jui refuseroit une viande exquise de la main d'un Grand qui 1 auroit appelé à sa table ?
9 1. Celuy-là nous refuseroit-il une o])ole, qui nous voudroit étreiner d'un million d'or ? Dieu nous pourroil-il plaindre d'une chose frivole, s'il nous veut donnei- \\\\ rèone inlinv ?
SU nous faut espérer qu'au delà du trespas des déliées du Ciel nous aurons jouissance, pouî^quoy ne prendrons-nous de celles d'icy-has attendant celles-là^ V usage et connoissance ?
9<> Si pour conclusion Dieu nous permet d'user des sensibles effects de sa hénéficence, pourcpioy les voulons-nous de sa main refuser et luy en desnier nostre recognoissance ?
De tout ce que dessus on peut sommairement distinguer le Bigot d'avec le Déiste, pour fuir du premier l'impie enseignement et de l'autre imiter la hienheureuse piste.
9^ Le Bigot ignorant ne fait rien sans espoir de quelque récompense, et s'il fuit quelque vice ce n'est pas qu'à bien faire il ait un bon vouloir, mais c'est pour éviter du meffait le supplice.
95. Sil faut espérer que nous jouyrons du Paradis après ceste vie, ne devons-nous pas user des délices de ceste vie en attendant celles de l'autre?
()G. Bref si Dieu permet cpie nous usions des sensibles effects de sa bénélicence, pourquoy les refuserons-nous et lui en dénierons nostre recognoissance?
97. Vous voyez donc de tout ce que dessus, qu'il faut fuj^r l'impie enseignement du Bigot, et imiter la piste bien-heureuse du Déiste.
98. Le Bigot ne fait rien que sous espérance d'eslre récompensé, et ne fuit pas le vice si ce n'est pour éviter le supplice deu à son meffait.
Plein de trouble en son àine il s'effraye de Dieu ainsy que les enfans d'un monstre espouvantable, et tel l'imaginant il le blasme en tout lieu sous ombre d'ejcalter sa Justice ineffable.
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Aussy est le Bigot entre les ignorans seul ennemy juré de sa propre lumière^ pour ne voir les erreurs enfantez par les ans dans lesquelles il détient son âme prisonnière.
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Le Déiste en repos agit tant seulement
pour Vamour du bien mesme, et non pour le salaire
proposé par les loix, sçacliant asseurément
que la vertu n'est point servile, et mercenaire.
loi Vertu qui nous instruit que souverainement nous devons adorer une cause première, aymant nostre prochaiji en elle seulement sans luy faire dommage en aucune manière.
9g. Et s'effraye de Dieu, comme les enfans d'un monstre épouvantable, et le blasme par tout sous prétexte de loiier sa justice ineffable.
100. 11 est le seul ennemy juré de sa propre lumière entre les ignorans, ne voyant pas les erreurs que les ans ont enfantez, et qui détiennent son âme prisonnière.
loi. Le Déiste n'agit que pour le bien mesme, et non pour le salaire que les loix proposent, d'autant qu'il sçait bien que la vertu n'est point servile.
102. Par laquelle nous scavons qu'il faut adorer une première cause, et aymer en elle nostre prochain sans luy faire aucun toi't.
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Eîinerny conjuré de CirrcLii^ion,
il vit paisiblement avecques tout le inonde,
et, seul observateur de la religion,
il adore VAutheur de la terre et de Vonde.
io4 Mesme tout simplement il ayme l'Eternel et en luy ce qui est, ce qui vit et respire, envers tous les humains se monstrant estre tel cpie mutuellement il souhaite et désire.
Au regard de l'Athée, encor qu'ingratement il nie l'Eternel, et sa saincte police, si n'en parle-t-il pas si injurieusement, comme fait le Bigot traitant de sa justice.
io6 Ainsy l'Athée seul nie la Divinité.
Le Bigot, pirement, meilleur que Dieu s'estime , Le Déiste entre tous l'adore en vérité, attendant qu'il parvienne où son but se termine.
io3. 11 observe tout seul la religion, et adore celuy qui a fait le Ciel, et la terre, hayssant entièrement l'irréligion.
lo/j. 11 ayme Dieu, et en luy tout ce qui vit et qui respire, se monstrant estre tel envers chacun, qu'il souhaite naturellement qu'on soit envers luy.
loj, io6. Reproduits textuellement par le P. Mersenne.
A PROPOS D'U^E LETTRE IXÉDITE DE LWBBÉ D'OLIVET
Voltaire et l'abbé u'Olivet. — Voltaire et Des Barreaux.
Quel est l'auteur du Sonnet du Pénitent ?
Pierre et Paul J)u Mav.
Les poésies latines de Des Barreaux