‹ Voltaire mourantChapitre 19 sur 33 · Mais comme faits le texte de Voltaire a pour moi du · texte numérisé non relu

Mais comme faits le texte de Voltaire a pour moi du

poids Voltaire entant qu'historien ne ment jamais,

n'invente rien Voltaire est l'homme le moins sensible à

la suggestion et l'homme qui, avec le plus de soin, donne comme vrai ce qui est vrai et comme probable ce qui est probable. Reste qu'il a pu être trompé^ ».

M. Faguet exagère. Voltaire s'est fourvoyé souvent, il a été pris souvent en flagrant délit d'inexactitude; pas plus en matière historique (à l'exception du « Siècle de Louis XIV » et de « l'Histoire de Charles XII ») qu'en matière d'exégèse religieuse il ne remonte aux sources. M. Bazin — l'historien de Louis XIII — dans ses « Notes historiques sur Molière ~ « a constaté que Voltaire s'occupant de notre Grand comique avait résumé l'ouvrage de Grimarest, ouvrage apprécié dans les termes les plus cruels par Boileau : « Pour ce qui est de la « \ie de Molière », franchement ce n'est pas un ouvrage qui mérite qu'on en parle. II est fait par un homme qui ne savait rien de la vie de Molière, et il se trompe dans tout, ne sachant même pas les faits que tout le monde sait. » Et M. Bazin ajoute : « Que tout le monde sait ! que tout le monde de ce temps, que tous ceux qui avaient l'âge de Boileau savaient alors, partant que nous ne savons plus, parce que nul de ceux qui le savaient n'a pas pris soin de nous le dire. Après cela, le grand juge des œuvres littéraires crut infailliblement mort le livre qu'il avait condamné ! Et ce livre lui a survécu, il a été vingt fois, trente fois réimprimé, il l'est

(i) Journal des Débats. Semaine dramatique, 8 juillet igo'-.

(2) Notes Itistoriques sur la vie de Mol/ère, 1^ éd., i8ji. Avant-propos.

d'hier; il a fait un nom à son auteur; il lui a procuré qui

pis est, des plagiaires Ainsi entre autres, a procédé

\ oltaire, et il n'a eu vraiment que ce qu'il méritait, lorsqu'un libraire préféra, en lyS/^, à l'éloquent résumé qu'il avait daigné faire d'une œuvre pitoyable, le travail d'un autre écrivain, nommé La Serre, bien plus digne, en effet, d'abréger le premier — »

Voltaire aurait-il erré maintes fois, cela ne supprimerait pas la lettre de l'abbé de Lavau dont il a parlé dans la notice sur Des Barreaux du «Siècle de Louis XIV », à moins de suspecter sa bonne foi ou celle de cet Abbé ? Et cependant si le sonnet appartient à Des Barreaux, l'un des deux a menti.

Gomme préface à cette discussion mettons en pleine lumière le jugement du grand contempteur du christianisme sur le célèbre libertin ou libre-penseur du xvii^ siècle ;

Voltaire a fait allusion à Des Barreaux en substituant, en 1740, dans une strophe de son a ode sur le Fanatisme dédiée à Madame du Chatelet », le nom de ce dernier à celui de Spinoza \

(i) Voltaire dans une note dit que cette ode est de 1732, mais c'est une erreur, elle est de 1736, voir les lettres de Voltaire à Cideville, 6 Mai 1736 (ode sur le Fanatisme) ; à Formont, 1 1 Novembre (ode sur la Superstition) ; à Thiériot, 24 Mai (ode à Emilie). Elle a paru pour la première fois sous le titre : Ode sur la Superstition dans le t. IV (p. 4^) des Œuvres de Voltaire, nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée avec des figures en taille-douce. Amsterdam, Etienne Ledet et C", 1739; mais dans cette édition la strophe citée contient le nom de Spinoza au lieu de celui de Des Barreaux. L'année suivante cette ode était imprimée avec le nom de Des Barreaux à Paris et à Rouen dans le volume suivant : Recueil de pièces fugitives en prose et en vers par M. de V***. S. 1. (Paris, Prault), 1740, in-8 (p. 112); l'édition de (Rouen) S. 1. (p. 92) porte par M. de Voltaire. Leur texte a été suivi jusqu'à 1775.

On a vit (lu moins des Atltccs Sociables dans leurs erreurs^ Leurs opinions infectées N'avoient point corrompu leurs mœurs.

Des Barreau. V fut doud', juste et aimable Le Dieu que son esprit coupable Avoit follement combattu^ Prenant pitié de sa foiblesse, Lui laissa llnunaine sagesse Et les ombres de la vei^tu.

mais il a modifié une troisième fois cette strophe (1770) associant cette fois Spinoza à Des Barreaux

On a i>u souvent des athées

Estimables dans leurs erreurs.,

Leurs opinions infectées

N'avoient point corrompu leurs mœurs.

Spinoza fut toujours fidèle

A la loi pure et naturelle

Du Dieu qu'il avoit combattu,

Et ce Des Barreaux qu'on outrage

S'il n'eut pas les clartés du Sage

En eut le cœur et la vertu.

(i) Cette troisième version a dû paraître pour la première fois dans l'édition S. 1. (Genève) Cramer et Bardin 1773, 40 vol. in-8 (Bibl. Nat. C. V. Beuchot 32), t. Xll (t. 1 des Mélanges de poésies, etc., p. 233) de la collection complette (sic) des Œuvres de Voltaire. L'édition in-4° de 1768 (Bibl. Nat, Z 4902) dont le t. XVlll [Poésies mêlées, t. 1) (Genève). S. 1. 1771 renferme encore la seconde version (p. 244)-

— IJ'l —

Classant Des Barreaux dans la catégorie des athées Voltaire ose le mettre en parallèle avec Spinoza ! Autant la vie du philosophe hollandais, modeste et digne, confinant presque à l'ascétisme, mérite le respect, autant la vie de Des Barreaux a été celle d'un débauché plutôt que d'un épicurien. Le premier occupait les instants de liberté que lui laissait sa profession de polisseur de verres de lunettes à composer son « Ethique » dans le silence et la méditation; le second allait, à Paris, de cabarets en cabarets, et, en province, écrémer dans la saison ce qu'elle produit de meilleur : les melons et les figues de Gascogne, les vins de Frontio-nan, etc. \

De 17/10 à 1766 silence complet de Voltaire sur Des Barreaux, il le rompt en 1767 dans la fameuse brochure épluchée avec un soin minutieux par l'abbé d'Olivet : « Les lettres à son Altesse Monseigneur le Prince de *** (Brunswick) » où Des Barreaux est l'objet du troisième article de la lettre Vil sur les Français :

De Des Barreaux.

c( Le conseiller au Parlement Des Barreaux, qui dans sa jeunesse avait été ami de Théophile et qui ne l'avait pas abandonné dans sa disgrâce, passa constamment pour un athée. Et sur quoi ? Sur un conte qu'on a fait de lui, sur l'aventure de l'omelette au lard. Un jeune homme à saillies libertines, peut très bien dans un cabaret manger gras un samedi, et pendant un orage mêlé de tonnerre

(i) Lettre de Balzac à Chapelain datée par erreur du 2', Août i6/jO 'elle est du commencement de ce mois).

jeter le plat parla fenêtre en disant : Voilà (fic/t du bi-iiit pour une omelette au lard, sans pour cela mériter l'affreuse accusation d'athéisme. C'est sans doute une très grande irrévérence : c'est insulter l'Eglise dans laquelle il était né ; c'est se moquer de l'institution des jours maigres ; mais ce n'est pas nier l'existence de Dieu. u Ce qui lui donna cette réputation, ce fut principalement l'indiscrète témérité de Boileau, qui, dans sa Satire des femmes, laquelle n'est pas sa meilleure, dit qu'il a vu plus d'un Gapanée :

Du tonnerre dans l'air bravant les vains carreau.v, Et nous j)arla/it de Dieu du ton de Des Barreau.v.

«Jamais ce magistrat n'écrivit rien contre la Divinité. Il n'est pas permis de flétrir du nom à\itliée un homme de mérite contre lequel on n'a aucune preuve : cela est indigne. On a imputé à Des Barreaux le fameux sonnet qui finit ainsi :

Tonne, frappe, il est temps ; rends-moi s^uerre pour guerre.

J'adore en périssant la raison (jui t'aigrit;

Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre

Qui ne soit tout eouvert du sang de JésuS-C/inst. [

Ci Ce sonnet ne vaut rien du tout. Jésus-Christ en vers n'est pas tolérable ; rends-moi guerre pour guerre n'est pas français ; guerre pour guerre est très plat, et dessus quel endroit est détestable. Ces vers sont de l'abbé de Lavau, et Des Barreaux fut toujours très fâché qu'on les lui attribuât. C'est ce même abbé de Lavau qui fit cette

abominable épigramme sur le mausolée élevé à Saint- Eustache en l'honneur de Lulli :

Laissez tomber sans plus attendre Sur ce buste lionteux votre fatal rideau;

Et ne montrez que le flambeau Qui devrait avoir mis l'original en cendre^. »

Des Barreaux n'est plus un athée, on l'a calomnié ! Cette affirmation est de la force du reste de l'article.

Non seulement Des Barreaux a abandonné Théophile dans sa disgrâce, mais il a osé répondre aux stances du poëte : Plainte de Théophile d son ami Tir sis ^ par une lettre en prose inqualifiable, le mot n'est pas trop fort : Responce de Tirais à la plainte de Théophile prisonnier'^. Dans cette lettre il invite son maître en libertinage à se laisser brûler vif en place de Grève conformément à l'arrêt (par contumace) du Parlement du 19 août lôaS :

« C'est pourquoy j'ay creu me devoir abstenir de

te hanter pour vacquer mieux à mon salut, endurant ce petit desplaisir pour l'amour de celuy (Jésus-Christ) qui endura pour moy la mort. Mais, ô merveille! me proposant de fuir les plaisirs : j'en rencontre à chaque pas que je tasche de faire dans le sentier de la piété. Pensant fuir

(i) Lully était un libertin de mœurs honteuses. On en jugera par cette épigramme :

// sera sourd à la trompette Lully au jour du jugement.

Il faudra qu'un jeune ange pette Pour le tirer du monument.

[%) Nous avons reproduit ces deux pièces dans notre livre sur Des Barreaux, p. 20 et p. Bo.

les ruisseaux, je trouve la source, et ne puis que je ne sois indigné contre ceux qui figurent les voyes de la vertu si scabreuses et difficiles. A la mienne volonté qu'il me fut loisible de souffrir et de mourir, pour estre vray imitateur de Jésus-Christ, c'est mon souhait que je ne te puis cacher voyant que tu es en état de souffrance et en attente de mort, de quoy tu peux faire un profit infiny. 0 qu'il feroit beau voir que tu te servisses d'une si belle occasion pour monstrer publiquement ou ton innocence ou ton repentir, en acceptant d'un cœur ardent de la divine charité l'exécution de l'Arrest de ce sainct et vénérable Parlement, afin que cela fust une fidelle espreuve de ta piété, en espouzant et embrassant ces flammes qui ont esté si chèrement recherchées par tant de belles et pieuses âmes, pour illustrer l'Eglise et accroistre le nombre des glorieux Martyrs. C'est la Croix que Dieu te présente maintenant, et c'est à toi de tesmoigner ton courage à ne la craindre, et ton amour à ne la refuser pas. Voilà le meilleur conseil que je te puis et dois donner en dressant mes humbles prières à Dieu qu'il te fortifie de sa grâce pour en user utilement. A Dieu. .. i>

Les deux amis se réconcilièrent, il est vrai, peu après et Des Barreaux rendit un notable service à Théophile en retournant contre le Père Voisin, son ennemi irréconciliable, une accusation portée contre ses mœurs, le dénonçant comme se livrant au même vice\

(i) Voltaire s'est également trompé dans la notice sur Théophile qui précède celle de Des Barreaux dans la lettre VII sur les Français : Il parle, à propos du Parnasse satirique, de Frenicle, magistrat et depuis de l'Aca-

A qui Voltaire fera-t-il admettre que Des Barreaux a passé pour athée uniquement sur le conte de l'omelette au lard ^ et sur deux vers de la Satire X de Boileau publiée seulement en 1692 ? A personne. Malheureusement l'Illustre débauché, comme l'appellent Chapelain et Le Pays ^ tout en étant le héros de dix historiettes de ce genre, avait autre chose à se reprocher. Il avait ses chansons, la plupart sont perdues, et ses poésies libertines qu'on se passait sous le manteau. Un recueil publié à l'étranger les groupait même en 1667 ', six ans avant sa mort. Si son nom était absent, le titre de certaines pièces ne laissait prise à aucune équivoque pour les contemporains au courant de ses faits et gestes ^

Le sonnet suivant n'est-il pas d'un athée ?

Mortels^ qui vous croyez quand vous venez à naistre, Oldigez à Nature, ô quelle traluson !

Se montrer un moment, pour jamais disparoistre, Et pendant que Von est voir des mau,i: à foison.

demie des Sciences. Il confond Frcnicle de Bussy, géomètre, membre de l'Académie des Sciences avec Nicolas Frenicle, le poète, son frère aîné, l'ami de Théophile et de Golletet, mort en 1661.

(i) Ce conte a paru pour la première fois dans la Menagiana, i<^ édition augmentée 1694, t. P'', pp. aaS et 2-24.

(2) Lettre de ChajDclain à Balzac du i5 Décembre 1G40 ; Anutiez, Amours cl Amourettes, 1664, lettre 12 du IIF livre reproduite plus loin.

(3) Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes, tant en prose qu'en vers, IP partie. Cologne, Pierre du Marteau, 1667, in-12 (pp. 198 à

(4) Voici un de ces titres : Stances sur ce que l'auteur était mieux auprès de sa Maistresse que Monsieur le Cardinal de Richelieu qui estoit son rival (p. 2 14).

. Tenant plus du néant que Ion ne fait de L'esti-e, Je la y dit autrefois et bien moins en saison^ Estudions-nous plus a jouir qu'à eonnoistre^ Et nous servons des sens plus que de la raison.

D'un sommeil éternel ma mort sera suivie. J'entre dans le néant cpianil je sors de la vie. O déplorable estât de ma eonditiou !

Je renonce au bon sens, je liais l'intelligence, D'autant plus que l esprit s'élève en co/uioissance, Mieux' voit-il le sujet de son affliction .

En voici un deuxième non moins catégorique :

Mortel, qui que tu sois., n ciye plus à frémir De l'horreur de la mort et de la sépulture. Ce n'est qu'un doue repos oii tombe la Nature., Dont l'insensible estât ne doit faire o-émir.

Ao.s" sens s'éteignent tous quand on vient à périr, De l'cime avec le corps ne se fait point rupture. Ce n'est qu'extinction de chaleur toute pure ; Donc est-ce un si grand mal que d'avoir à mourir.^

Peut-estre nostre mort sera~t-elle impréveile, Peut-estre pourra-t-eUe échapper nostre veue, Par V insensible effet d'un violent transport.

C'est pourquoy de tout point contentons nostre envie, Du reste, eh ers amis., laissant faire le sort. Des pen sers de la mort n'affligeons point la vie.

i(Jo

Voltaire a-t-il ignoré ces sonnets.... et les autres? Il les avait lus : « Ses petites pièces de poésie sont encore entre les mains des curieux, elles sont toutes assez hardies \ » Le Philosophe, on le sait, s'effarouchait difficilement !

Un point d'interrogation se pose ici : Pourquoi Voltaire essayant de blanchir la mémoire de Des Barreaux ne cite-t-il pas un seul de ses vers ? La réponse est facile ; il ne le pouvait sans se démentir cruellement. Apôtre de la raison, au nom de laquelle il exterminait toutes les religions, le Patriarche de Ferney s'est refusé à être l'écho de l'adversaire acharné de cette raison. Que pensait-il en son for intérieur de ce sonnet" :

I/Honnnc a dit en soi} C(vur sot et audacieux^ Je suis niaistre ahsolii de la terre habitable^ Des plus ji ers aniinau.v je suis vietorieu,i\ Et ma raison sur tout me rend eonsidérable.

(i) Catalogue des Écrivains français du iSièc/e de Louis XIV, art. Des Barreaux (Jacques de La Vallée [sic], seigneur). L'édition originale du ^Siècle de Louis A7Fest de i;")!, 2 vol. in- 1-2; mais l'article Des Barreaux n'a été intercalé que dans l'édition de 176*^. S. 1. ('4 vol.), t. I", p. 58 (Bibl. Nat. Beuchot,Z 825), c'est-à-dire après la publication des « Lettres àM^'' le duc***». Cet article reproduit l'allégation sur la paternité du sonnet du Pénitent donnée à l'abbé de Lavau et contient les lignes suivantes : « Des Barreaux est connu des gens de lettres et de goût par plusieurs petites pièces de vers agréables dans le goût de Sarasiii et de Chapelle. Il était conseiller au Parlement. On sait, qu'ennuyé d'un procès dont il était rapporteur, il paya de son argent ce que le demandeur exigeait, jeta le procès au feu et se démit de sa charge. Ses petites pièces sont encore entre les mains des curieux ; elles sont toutes assez hardies... »

(2) Tous les sonnets de Des Barreaux (|ue nous avons reproduits plus loin ont été publiés dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes tant en prose qu'en vers. Seconde partie (marque à la Sphère). A. Cologne, chez Pierre du Marteau, 16G7, in- 12.

Que pour te regarder tu preris de mauvais ijeuA\ Animal fastueu.v autant que misérable !

Connais tes jjrojjres niau.v, et plus judieieux Ne te vante point tant (Testre si raisonnable.

Le regret du jjassé, la j)eur de V avenir,

Le chagrin du présent, penser quil faut finir,

Qui nous livre en vivant les assauts les plus rudes.

Les crimes que commet le fer et le poison, Les larmes, les soupirs et les inquiétudes, Ce sont les beaux présents que te fait ta raison.

Cette constatation nous amène à chercher le mobile auquel il a obéi en parlant si favorablement et, ajoutons-le, si inexactement de l'Illustre débauché. Ce mobile, nous le découvrons dans l'influence de Des Barreaux sur la jeunesse de son époque ; c'est un libre-penseur comme lui, c'est un démolisseur d'une taille infiniment moindre mais un démolisseur ; enfin leur caractère à tous deux était un mélange de faiblesse et de cynisme. Voltaire, le cas échéant, n'aurait, non plus que Des Barreaux, hésité à engager un ami à se laisser supplicier pour s'éviter à luimême la place de Grève ! Hanté comme lui d'une crainte permanente et invincible de la mort, il se sentait disposé en face du trépas à toutes les palinodies. Leurs natures sympathisaient ; en le réhabilitant, il se réhabilitait à ses propres yeux. Est-ce là une illusion de notre part? Nous allons voir si nous nous sommes égarés en examinant comment et pourquoi Voltaire enlève à Des Barreaux la paternité du sonnet du Pénitent.

— lO'i —

A-t-il simplement rompu une lance en l'honneur de la vérité historique ou a-t-il estimé que ce sonnet était une tache dans la vie de Des Barreaux, une défaillance de cet esprit supérieur ?

Si la première hypothèse triomphe, nous ferons amende honorable ; si la seconde, au contraire, se vérifie, nous aurons pénétré un peu la psychologie du Patriarche de Ferney.

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