‹ Voltaire mourantChapitre 8 sur 33 · LETTRE DE M. DE VOLTAIP · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE VOLTAIP

M. le marquis de Villette m'a assuré, Monsieur, que (( si j'avois pris la liberté de m'adresser à vous-même « pour la demande nécessaire que j'ai faite, vous auriez eu la bonté de quitter vos importantes occupations pour daigner venir remplir auprès de moi vos fonctions que je n'ai crues convenables qu'à des subalternes, auprès de passagers qui se trouvent dans votre département. M, l'abbé Gaultier avoit commencé par m'écrire sur le

témoigna son mécontentement de ce que l'abbé Gautier se fut porté à de pareilles démarches sans son autorisation. Il en était d'autant plus blessé, qu'il n'avait pu encore obtenir lui-même dèlre admis auprès du malade. M. de Voltaire informé des plaintes du Curé, voulut le calmer par une lettre de politesse et de couq>linient »

Le récit de Wagnière nous sem])le sujet à caution. Le 3 mars, Voltaire allait déjà mieux et la verve de l'inq^itoyable railleur semble s'être exercée à froid sur le Cur('' de Saint-Sulpice. S'il est vrai, comme l'a écrit l'auteur du ]Ms., que M. de Voltaire avait reçu auparavant l'abbé de Tersac et avait négocié avec lui les termes de sa rétractation, sans succès d'ailleurs, il mettait par sa lettre du 4 mars le Curé de Saint-Sulpice dans la nécessité de faire connaître son échec au public, et il est assez naturel que celui-ci ait hésité à se découvrir. M. de Tersac avait tout à craindre en polémiquant avec Voltaire, il s'est borné peut-être à répondre du tic au tac ? Ces deux lettres, en effet, paraissent n'avoir été écrites que pour divertir le public.

M. Desnoiresterres a vu une contradiction entre l'allégation de l'abbé Gaultier relative à la visite faite à Voltaire par M. de Tersac le 26 février et dont lui avait parlé Madame Denis (allégation confirmée expressément par notre Ms.) et les lettres échangées entre Voltaire et M. de Tersac : <( l'ancien Curé de Saint-lNLird nous semble commettre une méprise. Alors encore le Curé de Saint-Sulpice, s'il s'était présenté plusieurs fois, n'avait pas été reçu. Cette conversation de M. de Tersac avec Madame Denis est de tout point invraisend^lable et le début de la lettre de Voltaire au Curé de Saint-Sulpice ne se comprend plus, aussitôt que le Pasteur et le Poêle se sont rencontrés ultérieurement. »

Si on admet notre explication, les deux versions peuvent se concilier.

bruit seul de ma maladie ; il étoit venu ensuite s'offrir de lui-même, et j'étois fondé à croire que, demeurant sur votre paroisse, il venoit de votre part. Je vous regarde. Monsieur, comme un homme du premier ordre de l'Etat. Je sçais que vous soulagez les pauvres en apôtre, et que vous les faites travailler en ministre. Plus je respecte votre personne et vous-même, plus j'ai craint d'abuser de vos extrêmes bontés. Je n'ai considéré que ce que je dois à votre naissance, à votre ministère et à votre mérite. Vous êtes un général à qui j'ai demandé un soldat. Je vous prie de me pardonner de n'avoir pas prévu la condescendance avec laquelle vous seriez descendu jusqu'à moi. Pardonnez-moi aussi l'importunité de cette lettre, elle n'exige point l'embarras d'une réponse, votre tems est trop précieux, c j'ai l'honneur d'être, etc. Paris, ce 4 mars 1778.

La réponse que fit M. le Curé de Saint-Sulpice et qu'il publia dans le même tems, portait en tête :

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