‹ Voltaire, philosopheChapitre 103 sur 135 · Études critiques, I · texte numérisé non relu

Études critiques, I

2. Un officier de l'armée française qui venait d'être blessé, raconte Frédéric dans sa lettre à Voltaire du 28 avril 1759, demandait un lavement à cor et à cri sur le champ de bataille. C'est à cette anecdote que Voltaire fait allusion par les vers mis en cause :

Héros du Nord, je savais bien Que vous avez vu les derrières Des guerriers du roi très chrétien A qui vous taillez des croupières.

Mais que vos rimes familières Immortalisent les beaux...

De ceux que vous avez vaincus, Ce sont des faveurs singulières.

(■2 mai 1759.)

3. La Politique comparée de Montesquieu, Rousseau et Voltaire, p. 6, 7. — M. Faguet incrimine une autre lettre de Voltaire, une lettre adressée à Catherine, dans laquelle, après avoir célébré ses succès contre les Turcs, il ajoute : « Je veux aussi, Madame,

rappelle d'autre part que Paris tout entier applaudit à la défaite de Rosbach comme à un triomphe de Tesprit nouveau sur-les traditions surannées du gouvernement de Louis XV ^

On peut relever encore les nombreux passages de sa correspondance où Voltaire exprime le souhait que le jeune d'Etallonde de Morival, compromis dans TafTaire La Barre, et devenu officier de Frédéric, envahisse la France avec les troupes de ce prince. « Je voudrais, lui écrit-il, que vous commandassiez un jour ses armées et que vous vinssiez assiéger Abbeville » (26 mai 1767). Et il écrit à Frédéric : « J'ose dire... que je crois Morival digne d'être employé dans vos armées... Je voudrais le voir à la tête d'une compagnie de grenadiers dans les rues d'Abbeville, faisant trembler ses juges et leur pardonnant )) (8 déc. 1772)^. Certes, nous ne justifierons pas Voltaire de ces boutades; mais nous les excuserons du moins par l'indignation et l'horreur que lui avait causées le supplice de La Barre. « J'ai toujours, dit-il dans la même lettre, cette abomination sur le cœur. »

En réalité Voltaire consacra toute sa vie à la gloire de la France. Un des principaux motifs qui l'enga-

vous vanter les exploits de ma patrie. Nous avons depuis quelque temps une danseuse excellente à l'Opéra de Paris. On dit qu'elle a de très beaux bras... Notre flotte se prépare à voguer de Paris à Saint-Gloud... On prétend qu'on a vu un détachement de jésuites vers Avignon, mais qu'il a été dissipé par un corps de jansénistes qui était fort supérieur », etc. (7 août 1771). — Si la lettre de Rosbach trouve grâce devant M. Faguet à titre de badinage, il y a vraiment lieu de s'étonner qu'il prenne celle-ci au sérieux.

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