Dict. phiL, Athéisme, XXVIl
bien il prend soin de marquer toutes les circonstance; atténuantes. Cette mort fut l'ouvrage d'une cabale Puis les Athéniens s'en repentirent aussitôt après, et non contents de châtier Mélitus, ils consacrèrent ui temple à sa victime, de telle façon que la mort di philosophe eut pour effet une apothéose de la philo Sophie. Enfin, quelle différence entre cette mort et l supplice de tant d'hérétiques ou d'infidèles que l'ÉgliS" a fait périr! Point de question ordinaire ou extraordi naire; ni bûcher, ni roue. Chargé de jours, Socrai expira doucement au milieu de ses amis en louan Dieu et en prouvant l'immortalité de l'àme '.
Tandis que toutes les autres religions furent tolé ranles, la religion catholique manifesta dès le débu par d'abominables cruautés l'intolérance qui lui es propre. « Je suis persuadé, écrit Voltaire à Catherine que, depuis la mort du fils de la sainte Vierge, il n'y î presque point eu de jour où quelqu'un n'ait été assas sine à son occasion; mais, à l'égard des assassinat; en front de bandière dont le fils et la mère ont été 1( prétexte, ils sont en grand nombre et trop connus (18 nov. 1771). Et, dans son traité de Dieu et le. Hommes : « Qui que tu sois, dit-il, en s'adressant ai lecteur, si tu conserves les archives de ta famille consulte-les et tu verras que tu as eu plus d'un ancêtn immolé au prétexte de la religion ou du moins cruel lement persécuté, — ou persécuteur, ce qui es encore plus funeste » (XLVI, 268).
Après avoir loué une douzaine de « pages sublimes > écrites par Jean- Jacques Rousseau contre les cruautéf
1. Traité sur La Tolérance, XLI, 259 sqq.; Prix de la Jus tice, etc., L, 291; Essai sur les Mœurs, XVI, 340; Dieu et le: Hommes, XLVI, 137; Lettre à Hénault, 26 févr! 1768.
la religion catholique, il l'accuse plaisamment exagérer, et remarque que le christianisme, depuis linze siècles, a seulement fait périr cinquante millions • personnes de tout âge et de tout sexe pour des lerelles théologiques ^ Lui-même, ici, paraît suspect 3xagération. Ailleurs, il en rabat les deux tiers. La religion chrétienne, déclare-t-il dans Tarticle hée du Dictionnaire philosophique^ a coûté à Thuma- .é plus de dix-sept millions d'hommes, à ne compter l'un million d'hommes par siècle, tant ceux qui ont ri par les mains des bourreaux de la justice que ceux li sont morts par la main des autres bourreaux sou- ■yés et rangés en bataille » (XXVII, 164). Dans le apitre de Dieu et les Hommes intitulé Jésus et les irbaries chrétiennes, il fait en détail son compte. Et
n'est plus cinquante millions, ni même dix-sept, lis, en y mettant la plus grande modération, c'est uf millions quatre cent soixante-huit mille huit cents îtimes. Voltaire trouve le compte « effrayant ». ;ux-là seuls n'en sont pas effrayés, qui voient dans s massacres un hommage rendu à leur Dieu. Peut-on dire qu'il faut accuser de ces massacres la ichanceté naturelle des hommes et non la religion tholique? Les hommes ne sont pas si méchants, y en a beaucoup, en tout cas, qui sont naturelle- 3nt bons, et dont la religion fait des monstres. Tel, ns Mahomet, « le malheureux Séide, qui croit servir eu en égorgeant son père » (Lettre à Frédéric, pt. 1739; LUI, 662); tel Damiens, qui déclara devant Parlement qu'il avait commis son parricide (( par incipe de religion », qui soutint dans les tortures
t. Lettre à d'Argental, 25 avr. 1163.