Examen important, XLIII
'à. Dict. phil., Miracle, XXXI, 220 sqq.; Extrait des Senti-
Personnellement, Jésus était un homme de rien, vil et méprisable, dénué de talent, de science d'adresse, qui, ayant voulu faire parler de lui, passe pour un extravagant et un imposteur aux yeux d( ses contemporains. S'il fut moqué, fouetté, persécute et finalement mis en croix, tel est le sort de tom ceux qui ont prétendu jouer le même rôle sans avoii plus d'habileté K
Au reste, ses paroles ne valaient pas mieux que sef actes. Il compare le royaume des cieux à un grain d( moutarde, à un morceau de levain mêlé dans troi} mesures de farine, à un filet avec lequel on pêche di bon et du mauvais poisson. Quelle grossièreté e quelle bassesse! Parfois ses propos sont odieux : i se vante d'être venu apporter le glaive et non la paix semer le désordre entre le fils et le père, entre la filh et la mère; il recommande à notre imitation le maîtn qui jette en prison des serviteurs coupables de n« pas avoir fait valoir son argent à usure. Est-ce donc ainsi que parle un sage ou même un homme raisonnable '-?
Mais, si Voltaire dénigre souvent et vilipend» Jésus-Christ, considéré comme responsable de.' crimes commis en son nom, il le loue au contrain quand il veut montrer que le catholicisme est une perversion du christianisme. Et ne nous étonnons pa: s'il se contredit alors sur la plupart des points.
« L'histoire véritable de Jésus, écrit-il dans Li
ments de ./. Meslier, XL, 456: Catéchisme de VHonnête homme XLI, 108 sqq.
1. Extrait des Sentiments de J. Meslier, XL, 454. Cf. encore L Dîner du comte de Boulainvilliers. XLIII, 587.
2. Catéchisme de l'Honnête homme, XLL 109; Examen impor lanL XLIII, 88.
\ Jouteur et l Adorateur, n'était probablement que ! elle d'un homme juste qui avait repris les vices des (harisiens et que les pharisiens firent mourir » XLI, 404). Et, dans L'Homélie sur l interprétation du Nouveau Testament : u Jésus était un homme de )ien qui... parlait aux pauvres contre la superstition (es riches pharisiens et des prêtres insolents » (XLIII, 00) . Il lui reconnaît le don de s'attacher des disciples ; l vante ses bonnes mœurs, son courage, sa charité. )ans un passage de Dieu et les Hommes, il semble le licttre au-dessous de Socrate, comme ayant eu peur le la mort. Mais, dans le Traité sur la Tolérance, il le Lii préfère, comme ayant prévu et voulu son supplice ; i d'ailleurs Jésus, au moment de mourir, sua une ueur de sang, son âme, dit-il, resta inébranlable; et a plus grande preuve de constance, n'est-ce pas de )raver la mort en la redoutant *? Enfin, dans la Procssion de foi des Théistes, il Fappelle « un homme lislingué entre les hommes par son zèle, par sa vertu, lar son amour de l'égalité fraternelle ». Il plaint « ce éformateur peut être un peu inconsidéré, qui fut la ictime des fanatiques persécuteurs »; et, oubliant le quelle façon lui-même le traita, il se défend d'en ivoir jamais parlé avec mépris ou dérision 2.
Tout à l'heure il reprochait à Jésus quelques-unes le ses maximes et de ses paraboles. Il soutient mainenant qu'elles lui ont été faussement attribuées; et, si illes sont authentiques, il proteste contre le sens qu'y lonnent les sectaires. Ceux-ci en prennent texte )our justifier leur fanatisme. Mais ni la parabole