‹ Voltaire, philosopheChapitre 70 sur 135 · XLIV · texte numérisé non relu

XLIV

du figuier stérile ne nous autorise à maltraiter nos frères, ni le Compelle intrare à employer la force quand la douceur ne nous a pas réussi. Toute la conduite de Jésus dément cette interprétation K ■

D'une part Voltaire, mettant le christianisme évan- i gélique en contraste avec celui des théologiens et dee ] inquisiteurs, déclare expressément que le Christ n'était ; pas chrétien ^; d'autre part, réservant le nom de chré- ) tien à ceux qui professent et pratiquent le christia- ' nisme de Jésus^ il revendique ce nom pour lui-même. « Je suis chrétien, fait-il dire à son Adorateur, je suis chrétien comme Tétait Jésus, dont on a changé la doctrine céleste en doctrine infernale » [LeDoutew et r Adorateur, XLl, 405).

Qu'est-ce, en somme, que le Christ? Un serviteui de Dieu qui a prêché la vertu, autant dire un théiste l Son christianisme, si tôt perverti par la superstition et l'intolérance, Voltaire l'a toujours préconisé C'est ce christianisme qu'il glorifie par exemple dans AlzireK Et, plus tard, prenant à partie ur pamphlétaire qui représentait la morale du Christ comme oppressive et corruptrice, il lui reproche

1. Dieu et les Hommes, XLVI, 211 sqq.; Traité sur la Tolérance XLI, 323 sqq.

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