‹ Voltaire, philosopheChapitre 80 sur 135 · Dict. phiL, Athéisrne, XXVII · texte numérisé non relu

Dict. phiL, Athéisrne, XXVII

grands. « Le malheur des athées de cabinet est de faj des athées de cour » {Dict. phil., Dieii^ XXVIII, 391

On s'expUque par là pourquoi Voltaire combat 1^ philosophes qui, de son temps, professaient et ensei gnaient Tathéisme. C'est avec Helvétius et surtou avec d'Holbach qu'il eut affaire. Et, contre le Diei des prêtres, il leur donne raison : aussi bien l'un e l'autre ne font sur ce point que répéter ce que lui même avait déjà dit. Mais on peut avoir raisoi contre le Dieu des prêtres sans avoir raison contr» celui des théistes. « Parce qu'on a chassé les Jésuites faut-il chasser Dieu? Au contraire, il faut l'en aime davantage » (Dict. phil., Dieu, XXVIII, 394). Réfutan Helvétius et d'Holbach, Voltaire reste d'accord ave^ lui-même. Il distingue toujours la superstition de li religion; et c'est tantôt pour attaquer la superstitioi sans que la rehgion puisse en souffrir, tantôt pou défendre la religion sans que la superstition puiss* en profiter.

Comme Voltaire fait prévaloir la morale sur li métaphysique, nous devons penser que, se déter 0 minant par des motifs tirés de l'intérêt social, i n'exprime pas toujours en métaphysique sa véritabl opinion, je veux dire, si l'on peut ainsi parler, soi opinion proprement intellectuelle.

Nous avons vu plus haut comme quoi il hésite etS' contredit sur la question de Dieu, non pas sur l'Êtr» nécessaire, mais sur le Dieu qui punit les méchant; et récompense les bons. Lorsqu'il rejette les peine: et les récompenses futures, par exemple dans soi Traité de Métaphysique, qui ne fut pas écrit pou l'impression, alors il prétend qu'on n'a pas besoin d\^ croire pour se bien conduire. Ainsi, dans le sixièiiK

chapitre, après avoir montré comment toutes les vraisemblances sont contre Timmortalité de Fume, il ^'attache à « prévenir l'esprit de ceux qui croiraient la mortalité de Tâme contraire au bien de la société » fl rappelle, sans compter les anciens Juifs, tant de Liiandes sectes philosophiques qui ont été matérialistes'. Dira-t-on, comme lui-même le disait tout à 1 heure, que les mauvaises passions de l'homme, si elles ne sont pas réprimées par la croyance à une autre vie, se donneront libre carrière? Mais il y a d'autres {"reins. Le prince qui veut toutse permettre doit réunir, avant de déclarer la guerre au genre humain, une armée de cent mille soldats bien affectionnés à son service; et peut-il s'assurer que cette armée lui suffise? Quant au simple particulier, il craindra d'être puni soit par les châtiments qu'ont inventés les hommes, soit par la menace de ces châtiments, laquelle est déjà un assez cruel supplice. Et d'ailleurs nous avons en nous un instinct social, que l'éducation développe. Ceux qui ne pourraient être honnêtes sans le secours de la religion seraient des monstres ^.

Si tantôt il affirme et tantôt nie le Dieu rémunérateur et vengeur, Voltaire ne perd jamais de vue l'intérêt social; et, montrant dans le premier cas que la société a besoin de ce dogme, il montre dans le second qu'elle peut s'en passer.

Croit-il vraiment à Dieu? Au Dieu qui a fait le monde, c'est hors de doute ^ Mais croit-il au Dieu qui

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