Dict. phil., Guerre, XXX, 147 sqq
2. « Comment Tattaque en pleine paix peut-elle être le seul moyen d'empêcher cette destruction? Il faut donc que vous
le Commentaire sur l'esprit des Lois, que c'est là, « Tesprit des lois de Cartouche et de Desrues «(L, 62)*. Au surplus, Montesquieu se corrige lui-même. On ne doit égorger son voisin, ajoulc-t-il, que si ce voisin vous égorge. Rien de mieux. Mais il s'agit alors de résister à des brigands qui menacent votre vie; il sagit d'une guerre défensive, et ce qu'on appelle ainsi ne mérite pas en réalité le nom de guerre.
Quoique Voltaire ait célébré, à l'occasion, des victoires françaises ^, il ne cessa de préconiser la paix. Rappelons, par exemple, deux de ses odes, la neu-
soyez sûr que ce voisin vous détruira s'il devient puissant. Pour en être sûr, il faut qu'il ait fait déjà les préparatifs de votre perte. En ce cas, c'est lui qui commence la guerre, ce n'est pas vous; votre supposition est fausse et contradictoire. S'il y eut jamais une guerre évidemment injuste, c'est celle que vous proposez, c'est d'aller tuer votre prochain, de peur que votre prochain (qui ne vous attaque pas) ne soit en état de vous attaquer, c"est-à-dire qu'il faut que vous hasardiez de ruiner votre pays dans l'espérance de ruiner sans raison celui d'un autre; cela n"est assurément ni honnête ni utile, car on n'est jamais sûr du succès, vous le savez bien. Si votre voisin devient trop puissant pendant la paix, qui vous empêche de vous rendre puissant comme lui? S'il a fait des alliances, faites-en de votre côté », etc. {Dict. phil.. Guerre, XXX, 154).
1. Cf. Dialog. de VA, B, C : » C, Quoi? vous n'admettez point de guerre juste? — A. Je n'en ai jamais connu de cette espèce; cela me parait contradictoire et impossible. — B. Quoi! lorsque le pape Alexandre YI et son infâme fils Borgia pillaient la Roniagne, égorgaient, empoisonnaient tous les seigneurs de ce pays en leur accordant des indulgences, il n'était pas permis de s'armer contre ces monstres? — A. Ne voyez-vous pas que c'étaient ces monstres qui faisaient la guerre? Ceux qui se défendaient la soutenaient. Il n'y a certainement dans ce monde que des guerres ofTensives; la défensive n'est autre chose que la résistance à des brigands armés. » (XLV, 92.)
2. Il fit notamment un poème sur celle de Fontenoy. Mais ce poème, d'ailleurs, ne glorifie point la guerre; il « respire l'humanité », il « inspire des sentiments de bienfaisance ». {Discours -préliminaire i XII, 118.)
vième et la treizième : Fune se termine par un éloge de Louis XIV, non point « conquérant )>, mais « sage » ; l'autre félicite Louis XV de tenir encore l'olive dans ses mains sous les lauriers dont le couronne Fontenoy.« A Frédéric lui-même Voltaire a toujours conseillé une politique pacificatrice. Lisons sa correspondance avec ce prince, en pleine guerre, pendant l'année 1747. Il lui écrit au mois d'avril : « Ne cesserez-vous point, vous et les rois vos confrères, de ravager cette terre, que vous avez, dites-vous, tant d'envie de rendre heureuse? » (LÏV, 430). Puis, le 15 mai : « Je conçois quelque espérance que Votre Majesté raffermira l'Europe comme elle Ta ébranlée et que mes confrères les humains vous béniront après vous avoir admiré. » Le 26 : « Vous voilà le héros de l'Allemagne et l'arbitre de l'Europe ; vous en serez le pacificateur. » En juillet : Votre Majesté a ghssé dans sa lettre l'agréable mot de paix, ce mot qui est si harmonieux à mon oreille... Je crois que vous forcerez toutes les puissances à faire la paix, et que le héros du siècle sera le pacificateur de l'Allemagne et de l'Europe » (LIV, 449). Et peu après, le même mois :
Vous dont le bras terrible a fait trembler la terre,
Rassurez-la par vos bienfaits, Et faites retentir les accents de la paix
Après les éclats du tonnerre i.