A M. E. LITTRE. XXV
humain qui apprend à connaître les mœurs, qui nous trace de faute en faute et de préjugé en préjugé les effets des passions des hommes ; qui nous fait voir ce que l'ignorance ou un savoir mal entendu ont causé de maux, et qui suit le fil du progrès des arts à travers ce choc effroyable de tant de puissances et ce bouleversement de tant d'empires. »
Il ne vit dans les événements sociaux que les puissances de l'homme s'alliant avec les puissances de la nature ou les combattant; et ainsi il se plaça non pas, comme le veut Strauss, entre Bossuet et Herder, mais entre Herder et Aug. Comte. Eut-il même un pressentiment plus profond de l'avenir? Il serait bien difficile de le dire, et en tout cas il ne devina pas V énigme de V histoire ^ bien que ces mots soient de lui : « Peut-être arrivera-t-il bientôt dans la manière d'écrire l'histoire ce qui est arrivé dans la physique. Les nouvelles découvertes ont fait proscrire les anciens systèmes. »
De plus que Voltaire, nous voyons dans l'histoire la loi, comme nous la voyons dans toute série de phénomènes ; nous possédons la méthode positive quand il ne pouvait utiliser que la méthode négative; nous sommes entièrement dégagés de toute espèce de théologie quand il conservait encore une théologie. Nous ne sommes donc pas, nous ne pouvons pas être voltairiens. Et pourtant nous applaudissons à son action, nous demandons qu'elle s'étende toujours davantage j et qu'elle aille pénétrer cette foule d'intelligences chrétiennes et autres (ne parle-t-on pas d'Indous lisant Voltaire?), qui se dégageraient à sa voix des conceptions auxquelles elles restent attachées. Qu'on répande ses œuvres de lutte philosophique, qu'on les sépare de