‹ Voltaire: six conférencesChapitre 107 sur 257 · PREMIÈRE RENCONTRE ENTRE VOLTAIRE ET FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RENCONTRE ENTRE VOLTAIRE ET FRÉDÉRIC

vait faire dans le pays de Clèves, pour réaliser son désir si longtemps caressé. Toutefois, une fièvre qui le surprit à Wesel le força de renoncer à son plan d'aller voir Voltaire à Bruxelles, où celui-ci se trouvait alors pour afiaires avec la marquise. C'est pourquoi il l'invita à une entrevue au château de Mayland, près de Clèves, entrevue qui eut lieu en effet, du 11 au 14 septembre. Malgré les circonstances défavorables — Voltaire trouva le roi dans son lit en proie à un accès de fièvre — tout ce qui intéressait les deux parties fut cependant traité dans les heures de calme; le Mahomet^ non encore imprimé, fut lu par le poëte, qui prêta également sa plume au roi pour une affaire politique, la querelle avec l'évêque de Liège, à propos de Herstall. Il eut à s'occuper en outre à cette époque d'un écrit de Frédéric : Y Antimachiavel , que le prince du trône avait composé et que Voltaire avait chargé un éditeur hollandais d'imprimer. Le roi désirait le retirer, et Voltaire dut s'en occuper. La négociation n'aboutit pas, car le libraire ne voulut pas se dessaisir d'un livre qui lui faisait espérer un beau bénéfice; et bientôt cette affaire littéraire passa au second plan devant les intérêts du présent.

En octobre de cette même année mourut l'empereur Charles VI, le dernier des Habsbourgs, et Frédéric, s'appuyant de vieilles prétentions sur la Silésie, prit aussitôt, bien que dans le plus grand secret, la résolution de s'emparer de cette province autrichienne. Au mois de novembre. Voltaire le visita justement à Rheinsberg, où le nouveau roi, encore souffrant, s'était retiré pour sa convalescence, après avoir mis en ordre quelques afiaires gouvernementales. Il trouva son royal ami extrêmement aimable, mais

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