‹ Voltaire: six conférencesChapitre 108 sur 257 · AUTRES VISITES DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

AUTRES VISITES DE VOLTAIRE

impénétrable au sujet de ses plans ; ce qui lui fut d'autant plus désagréable, qu'il eût volontiers obligé le cardinal de Fleury par une nouvelle secrète à ce sujet, s'ouvrant ainsi la carrière diplomatique. Frédéric fut autant qu'auparavant enchanté de son Apollon, comme il le nommait; seulement les frais de voyage quelque peu élevés que celui-ci fixait lui arrachèrent, dans une lettre à un confident, cette expression, rude à la façon de Frédéric-Guillaume, que c'était payer cher un bouflbn de cour. A Rheinsberg aussi Voltaire fit connaissance de la sœur favorite du roi, Wilhelmine de Bayreuth , qui , depuis longtemps admiratrice de ses écrits , resta sa fidèle amie jusqu'à la mort, sans se laisser détourner par ses démêlés avec son frère. La guerre, déclarée bientôt après, n'interrompit pas le commerce avec Voltaire. Le poëte reçut la lettre contenant la nouvelle de la victoire de MoUwitz pendant la première représentation de son Mahomet, à Lille, et la lut au public pendant un entr'acte. Lorsqu'un an et demi plus tard la première guerre de Silésie prit fin par le traité de Breslau, et que vers la fin d'août le roi victorieux chercha du repos aux bains d'Aix-la-Chapelle, Voltaire reçut une nouvelle invitation. Comme il était de son devoir, il en fit part au cardinal de Fleury ; car dans la situation où la paix particulière de Frédéric avait placé la France, le gouvernement français devait désirer avoir un diplomate volontaire dans l'entourage intime du roi. Celui-ci fut avec lui comme les autres fois; il venait tous les jours dans sa chambre et bavardait avec lui, selon l'expression de Voltaire, comme Scipion avec Térence ; mais le politique et général romain aurait alors bien peu bavardé avec le poëte de ses plans

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